Une grande incertitude pèse, en 2021, le gouvernement mettra en place les mesures complémentaires de sauvegarde des entreprises et de l’emploi permettant d’éviter une plus grande aggravation du chômage et de réduire de façon sensible les faillites d’entreprises et donc de redresser rapidement l’économie nationale.

L’année 2021, comme chaque année, comportera son lot de bonnes et mauvaises nouvelles. Commençons par le chapitre rose. Ce qu’il faut retenir de positif, c’est que durant cet exercice ne sont pas prévues d’augmentations des prix des carburants, de l’électricité, du gaz ainsi que de l’eau potable distribuée à la population. Les subventions accordées pour soutenir les prix du pain et son corollaire la farine et la semoule, ceux de l’huile et du sucre sont maintenues. Ce qu’il faut retenir, également, l’essence super avec plomb sera retirée du marché. Ce qui devrait réjouir les défenseurs de l’environnement. L’assurance auto devrait revenir moins chère avec la suppression de la taxe annuelle sur les véhicules automobiles imposée par l’Etat, si, et seulement si, les assureurs jouent le jeu. Il convient de noter à contrario que les prix des cigarettes, des boissons (prélèvement d’une taxe sur le sucre, l’un des composants de ce produit) connaîtront une augmentation à partir du 1er janvier, tout comme la friperie et le poisson congelé. Il est prévu également une dévaluation du dinar en 2021. Ce qui devrait pousser, en particulier les produits transformés à partir de matières premières importées et non soutenues, à la hausse. Il est également prévu la fiscalisation de l’épargne des particuliers à travers un prélèvement de 1% sur les intérêts annuels inférieurs ou égaux à 50 000 dinars, 10% pour la fraction d’intérêts supérieurs à 50 000 dinars.

La sauvegarde de l’emploi et des entreprises, une urgence
Côté finances, l’année 2021 sera consacrée au parachèvement du dispositif institutionnel : la promulgation, en l’occurrence, d’un texte réglementaire encadrant le partenariat public-privé, une formule de financement en dehors du budget permettant de financer notamment les projets d’infrastructures rentables. L’exercice servira également à déblayer le terrain pour l’ouverture du capital des banques publiques et de succursale de banques nationales à l’étranger, notamment dans les pays d’Afrique subsaharienne. La Banque d’Algérie pourrait aussi accorder l’agrément à de nouvelles banques privées à capitaux en partie nationaux, une concession accordée par le Président de la République au secteur privé national. En raison du scandale Khalifa, rappelons-le, les banques privées algériennes restent toutes à capitaux étrangers. L’année 2021 pourrait, en outre, voir l’application des premières mesures en matière de réforme fiscale, de réforme du budget et de réforme bancaire. Ces changements forts attendus traînent depuis plusieurs années, voire plus d’une décennie. Reste à savoir aussi sur le plan macro-économique si les objectifs de croissance de 4% de réduction de la facture importations et des transferts en devises au titre des importations de services permettront de réaliser une stabilisation du niveau des réserves de change à 46 milliards de dollars ou, comme le prédisent d’éminents économistes considérés comme des Cassandre, un scénario inverse. Leur fonte en 2021-22 et le recours contraint de l’Algérie au FMI. Ce qui donne, en revanche, un brin d’optimisme dans cette grisaille, de grandes banques internationales prévoient un prix du baril à 60 dollars en 2021. Ce qui pourrait atténuer les difficultés financières du pays. L’incertitude pèse, par contre, sur l’application par le gouvernement des mesures de sauvegarde des entreprises et de l’emploi permettant d’éviter l’aggravation du chômage et de réduire le nombre de faillites d’entreprises et donc de permettre le reprise de l’économie, probablement au second semestre si tout se passe bien. Inversement, en l’absence de ces mesures appliquées sur le terrain, il y a risque d’une année 2021 agitée sur le plan social.
Quant au climat des affaires, la suppression du 51/49 dans les secteurs non stratégiques et la possibilité accordée aux investisseurs étrangers d’investir en Algérie sans l’obligation de s’associer avec des partenaires nationaux pourraient drainer de nouveaux investissements directs étrangers, pour peu que les capacités de nuisance de la bureaucratie soient neutralisées et que soit observé un regain de confiance à l’égard des institutions du pays. La mise en œuvre en 2021 du nouveau code des investissements devrait également favoriser ces investissements et garantir la stabilité du cadre réglementaire en la matière, tant attendu par les investisseurs. Il est également prévu en 2021 la finalisation des textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et donc la signature des premiers contrats de partenariat sous l’égide du nouveau régime encadrant le secteur des hydrocarbures. Ce qui devrait relancer les investissements dans la branche pétrole et gaz. Tout pourrait enfin laisser penser à la fin du cauchemar sanitaire avec les progrès de la vaccination anti-Covid qui devrait commencer en Algérie en janvier prochain selon les promesses du gouvernement.