Le président russe Vladimir Poutine discutera avec le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane du meurtre de l’opposant Jamal Khashoggi au cours de leur rencontre en fin de semaine au sommet du G20 à Buenos Aires, a affirmé mercredi le Kremlin. «Ils discuteront bien sûr de ce sujet», a déclaré aux journalistes le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, ajoutant toutefois que «le principal objectif de cette rencontre est le développement des relations entre la Russie et l’Arabie saoudite».

Au cours d’un forum économique à Moscou, le président russe Vladimir Poutine s’est par ailleurs réjoui mercredi de la coopération entre la Russie et l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), dont est membre l’Arabie saoudite. «Nous avons travaillé avec les pays de l’Opep (…) pour équilibrer l’offre et la demande (de pétrole). Et pour la première fois dans l’histoire de cette organisation, nous avons réussi à le faire à 100%, tous les accords ont été mis en pratique, ce qui n’a jamais été le cas dans l’organisation elle-même», a-t-il affirmé. «Je dois reconnaître que cela a eu lieu en grande partie grâce à la position de l’Arabie saoudite. C’est essentiellement un mérite de l’Arabie saoudite et du prince héritier, il en a été l’initiateur. Et cela a conduit à des résultats positifs», a poursuivi M. Poutine. Alors que les chancelleries occidentales ont dénoncé avec virulence le meurtre de Jamal Khashoggi, la Russie s’est montrée plus clémente, le Kremlin annonçant fin octobre qu’il ne voyait pas de «raison de ne pas croire» la version de la famille royale d’Arabie saoudite. Jamal Khashoggi, un journaliste et opposant saoudien, a été tué le 2 octobre dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul. Selon des responsables turcs, il a été victime d’un assassinat, soigneusement planifié et perpétré par une équipe d’agents en provenance de Riyad. Après avoir nié sa mort, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, avaient avancé plusieurs versions. Elles ont d’abord évoqué une «rixe» ayant mal tourné, puis une opération «non autorisée» et dont le prince héritier Mohamed ben Salmane, considéré comme l’homme fort du royaume, n’avait «pas été informé». n