Un mandat d’arrêt international est désormais émis par le Procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs contre un groupe de cyber-activistes, établis à l’étranger, poursuivis dans une «grave affaire pénale d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité et la stabilité de l’Etat». Il s’agit de Larbi Zitout, Aboud Hichem, Amir DZ, de son vrai nom Boukhors Amir, et de Mohamed Abellah, alors qu’un mandat de dépôt a été requis contre Mansouri Ahmed.

PAR NAZIM BRAHIMI
La juridiction algéroise a souligné, dans sa communication, certains détails dans le traitement judiciaire de l’affaire désignant un réseau de financement d’activités subversives en liaison avec le mouvement Rachad d’obédience islamiste.
«Conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Procureur de la République près le Tribunal de Bir Mourad Raïs porte à la connaissance de l’opinion publique les faits d’une grave affaire pénale d’atteinte à l’ordre public, à la sécurité et la stabilité du pays. Une affaire en cours de traitement judiciaire après de profondes investigations menées pendant plusieurs mois ayant permis d’identifier ses commanditaires, parmi eux des activistes sur la toile», est-il précisé.
«Il s’agit de l’affaire du dénommé M. A. qui utilisait des documents falsifiés pour retirer des pièces d’identité, des documents de voyage. Il a également créé des sociétés qui lui ont permis de bâtir un réseau de financement d’activités subversives à travers le mouvement Rachad», a relevé la même source.
Cette dernière a ajouté que «parmi les commanditaires figure le nom de Zitout Mohamed Larbi au sujet duquel les investigations ont prouvé plusieurs rencontres avec le dénommé M. A. dans des pays voisins, où il a reçu des sommes importantes utilisées sous le couvert de sociétés pour le financement des activités secrètes du mouvement Rachad, notamment la location de biens pour abriter les réunions dudit mouvement». Le Procureur de la République a noté, également, que Mohamed Abdellah était membre d’un parti dissous au début des années 90, qui a rejoint les groupes terroristes et a été condamné, en 1994, à la peine capitale avant de bénéficier des dispositions de la Concorde civile.
«L’activité commerciale du dénommé M. A. consistait dans l’importation et l’exportation de pièces détachées des imprimantes et d’achat et de vente de véhicules. Une société créée et financée par les fonds versés par Zitout Mohamed Larbi à travers un pays du voisinage d’un montant global de plus de 50 000 USD. Une somme introduite sur le territoire national par des trafiquants activant au niveau des zones frontalières», selon le communiqué.
«Certains bénéfices ont été transférés vers les comptes personnels de Zitout Mohamed Larbi par d’autres intermédiaires, dont certains de nationalité étrangère, avec lesquels il a pris contact via les réseaux sociaux», a précisé le communiqué. Le suspect a également établi des contacts avec plusieurs autres personnes via ces mêmes réseaux, dont Abderrahmane Kamel, Aboud Hichem, Boukhors Amir, El Merri Mohamed et Mohamed Abdellah, a ajouté la même source, laquelle a souligné que «les investigations techniques ont confirmé que le mis en cause avait établi réellement des contacts avec ces personnes afin de mettre sur pied des plans d’atteinte à l’ordre public, notamment l’exploitation du Hirak que vit le pays dans l’objectif de le faire sortir de son caractère pacifique». «Après plusieurs mois d’investigations secrètes sur les activités du dénommé M. A. et la collecte de preuves suffisantes contre lui, il a été arrêté en date du 28 février 2021 et présenté par devant nos services. Une fois confronté aux preuves techniques, il a reconnu tous les faits», selon le communiqué.
Le mis en cause est poursuivi pour «appartenance à un groupe terroriste visant la sécurité et l’unité nationales, financement d’un groupe terroriste, faux et usage de faux, usage du nom d’un tiers dans des circonstances qui ont déterminé l’inscription d’une condamnation au casier judiciaire et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle organisée», a indiqué le Procureur.
Ce dernier a noté que Zitout Mohamed Larbi est poursuivi pour «gestion et financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, faux et usage de faux et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle». Aboud Hichem, Boukhors Amir et Mohamed Abdellah sont poursuivis, quant à eux, pour «adhésion à un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et l’unité nationale, financement d’un groupe terroriste ciblant la sécurité de l’Etat et blanchiment d’argent dans le cadre d’une bande criminelle», selon le Procureur de la République.
«Des actes prévus et condamnés par les articles 87 bis, 87 bis 1, 87 bis 3, 87 bis 4, 249, 222, 389 bis, 389 bis 2 du code pénal et de l’article 3 de la loi relative à la prévention contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme», a précisé le communiqué du Procureur de la République.