PAR NAZIM B.
L’ancienne députée et sulfureuse cheffe du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP), Naïma Salhi, comparaîtra demain mardi devant le juge instructeur près le Tribunal de Chéraga (Alger) pour «diffamation et atteinte à l’unité nationale».
Cette comparution fait suite à une plainte déposée par un cadre d’un ministère, action appuyée par des vidéos de l’accusée dans lesquelles elle remettait en cause la manière de l’obtention d’un poste au sein d’un ministère. L’ex-députée a, en effet, affirmé avoir reçu une convocation pour comparaître devant le juge pour diffamation et atteinte à l’unité nationale, exprimant son «étonnement» quant aux accusations retenues contre elle.
Une seconde plainte a été déposée par deux avocats, Kader Houali et Sofiane Dekkal, contre l’ex-députée.
A ce propos, le procureur de Chéraga a expliqué aux plaignants le retard dans la procédure par le fait que la mise en cause jouissait de l’immunité parlementaire et «qu’une fois levée, l’instruction se poursuivra pour aboutir à un procès».
Dans cette affaire, Naïma Salhi est accusée d’«incitation à la haine raciale» et «d’appel au meurtre». Les deux avocats ont indiqué, dans une déclaration rendue publique il y a déjà une année sur les réseaux sociaux, qu’ils avaient été entendus, eux aussi, par la Gendarmerie nationale de la même brigade en mars dernier. «Nous avions rappelé l’objet de notre plainte suite à ses déclarations racistes à travers les publications et les vidéos sur la page facebook officielle de son parti», ont écrit les avocats. Ces derniers ont fait part à l’opinion publique de leur «détermination à aller au bout de leur engagement pour que cette plainte aboutisse à un procès, quel que soit le temps que ça prendra».

Peine confirmée contre l’auteur de la vidéo appelant à «rayer la Kabylie»
Par ailleurs, la Cour d’appel d’Annaba a confirmé, hier, la peine prononcée contre l’auteur de la vidéo appelant à la haine contre la région de la Kabylie, un dérapage racial commis dans le sillage des incendies qui ont ravagé plusieurs localités notamment en Kabylie. La confirmation de la peine a été annoncée par Maître Adel Messaoudi, qui est également président du bureau d’Annaba de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH) qui avait porté plainte contre le mis en cause. Maître Adel Messaoudi a rappelé, dans ce sens, que l’auteur de la vidéo, connu sous le nom de «Rayfa», est ainsi condamné, comme en première instance, à huit mois de prison ferme et 100 000 DA d’amende, soulignant que lors du procès en appel, qui s’est déroulé le 21 novembre dernier, le Parquet avait requis l’aggravation de la peine. L’avocat a fait remarquer, par la même occasion, que l’auteur de la vidéo haineuse est poursuivi pour «discours de la haine» et «incitation à la violence». Ce second procès intervient après l’appel introduit par le prévenu, le Parquet et la partie civile.
A rappeler que l’auteur de ce dérapage a cru utile et toléré de partager la vidéo dans laquelle il a attaqué les Algériens de Kabylie, quelques jours seulement après la mise à mort de Djamel Bensmaïl à Larbaa Nath Irathen, un drame national qui a déchaîné les passions et les rancœurs. Appelant «à rayer la Kabylie de la carte», le contenu de cette vidéo a été considéré comme un appel à la haine et à la violence et a poussé la LADH à entamer des poursuites judiciaires.
«Suite à la diffusion sur les différentes plateformes des réseaux sociaux d’une vidéo appelant à la haine raciale, la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH) a décidé d’agir en saisissant la justice», avait indiqué la LADH dans un communiqué rendu public le 17 août. La LADH a introduit le jour même une plainte contre «X» auprès du procureur de la République près le Tribunal d’Annaba afin que tous les individus ayant pris part à cette vidéo soient identifiés et jugés pour «discours de la haine comprenant un appel à la violence», conformément à l’article 32 de la loi sur la lutte contre la discrimination et le discours de haine.