PAR NAZIM B.
Les poursuites judiciaires en référé, engagées depuis deux jours par les autorités publiques pour «la suspension provisoire» du Parti socialiste des travailleurs (PST) de toutes ses activités ainsi que «la fermeture de ses locaux», ont vite suscité des réactions de soutien et de solidarité de certaines formations politiques notamment celles du courant démocratique.
Faisant le constat que «la cabale judiciaire contre les partis politiques de la mouvance démocratique continue et s’accentue», le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) condamne le fait que «le pouvoir vient d’engager des poursuites judiciaires en référé pour la suspension provisoire du PST, l’interdiction de ses activités et la fermeture de ses locaux». Tout en rappelant que «le ministère de l’Intérieur a déjà engagé une procédure en référé pour la dissolution de l’UPC», le parti de Mohcine Belabbas estime que «les tenants de la feuille de route pour la restauration du système ne peuvent s’accommoder d’aucune sorte de contestation pacifique ou même de la contradiction». Pour le RCD, «de précédentes actions visant des partis ayant pris position en faveur du changement et des revendications du Hirak ont déjà fait l’objet, par le passé, de pressions administratives et judiciaires pour neutraliser leur fonctionnement. Ce n’était que le prélude pour la confection d’une carte politique sous contrôle du pouvoir de fait». Le parti pointe ainsi une «escalade qui vise à museler l’opposition et l’expression des revendications des populations et porte les germes du pourrissement et du chaos», ajoutant que «la mascarade du 12 juin prochain n’est qu’un prétexte pour promouvoir le pire». Le RCD dit condamner «cette énième atteinte aux droits fondamentaux des citoyens inséparables du droit d’organisation et d’activité des partis politiques et des organisations autonomes, déclarant «son soutien inconditionnel à la direction et aux militants du PST». Même son de cloche chez le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune, lequel a indiqué dans un communiqué que «tout comme la procédure judiciaire visant à faire cesser les activités du parti UCP et sa dissolution, ainsi que la condamnation de Ouahid Benhalla dirigeant du MDS à un an de prison ferme, cette attaque d’une extrême brutalité contre le PST s’inscrit dans le cadre de la remise en cause du multipartisme et de l’ensemble des acquis démocratiques d’octobre 1988 arrachés au prix de 500 morts parmi les jeunes et des milliers de blessés». Pour le PT, cela «confirme la marche au pas de charge vers la caporalisation totale de la vie politique et des médias par le pouvoir pour empêcher toute expression indépendante afin d’imposer le maintien du statu quo contre la volonté de la majorité du peuple». La formation de gauche ajoute que «cette dérive sans précédent doit cesser car, outre l’atteinte grave au droit à l’organisation politique indépendante, elle est porteuse d’instabilité et de désordre. Le multipartisme véritable est un facteur d’ordre». Elle exprime «sa solidarité militante à la direction et aux militants du PST et les assure de son soutien total face à cette épreuve». <