Après la reprise de plusieurs secteurs commerçants, les transporteurs intrewilayas et interurbains, ainsi que les vendeurs de boissons alcoolisées attendent impatiemment le feu vert des autorités.

A moins d’une semaine de la rentrée sociale et de l’expiration de la
3e phase de déconfinement progressif (le 31 août), les transporteurs intrewilayas sont en colère. Ils se posent la question de savoir pourquoi les transports interwilayas, que ce soit les bus ou les taxis, ne sont pas encore autorisés à circuler. Ils se demandent quand pourront-ils, eux aussi, avoir l’autorisation de reprise de leur activité sachant qu’ils sont à l’arrêt depuis mars dernier, en raison de la pandémie de coronavirus.
Ces questions qu’ils se posent en mettant en avant qu’ils restent parmi les rares activités non encore autorisées à reprendre n’ont pas été sans provoquer une grogne à laquelle se sont joints, par ailleurs, l’ensemble des transporteurs, y compris ceux activant en zones urbaines et interurbaines et qui, eux, ont déjà repris leur activité. Ce qui a mené l’Union nationale des transporteurs, forte de pas moins de 360.000 membres, d’envisager le recours à «une opération escargot» le 2 septembre prochain, non seulement pour la reprise du transport interwilayas, mais pour un ensemble d’autres revendications communes.
Les habitants de la capitale, quant à eux, après s’être habitués à emprunter le métro pour leurs déplacements, transport très commode leur permettant un gain de temps considérable, se demandent eux-aussi jusqu’à quand resteront-ils privés de ce moyen de locomotion. A partir de la semaine prochaine, beaucoup de travailleurs mis en congé exceptionnel pour cause de pandémie et qui n’ont pas encore repris devront retourner au travail dans le cadre de la reprise progressive préconisée par le gouvernement. Aux travailleurs s’ajouteront aussi des milliers d’étudiants qui rejoindront les bancs des universités. C’est dire que dans quelques jours, la circulation se fera plus dense et la remise en marche du métro d’Alger aidera justement à désengorger la circulation. Si l’on tient compte du fait que le métro transporte des milliers de personnes par jour et que toutes ces personnes devront se déplacer par bus ou par taxi, cela donne une idée sur l’ampleur des désagréments que les habitants de la capitale s’apprêtent à vivre.
Autre revendication qui prend de l’ampleur ces derniers jours, c’est celle des vendeurs des boissons alcoolisées qui n’ont pas été autorisés à rouvrir, alors qu’ils considèrent que leur activité est commerciale et que pratiquement tous les commerces similaires, comme les cafés ou restaurants qui travaillent avec le principe «à emporter», ont repris le travail. Ils ne comprennent pas pourquoi eux doivent encore attendre. Dans ce cadre, un deuxième rassemblement de ces commerçants a eu lieu hier à Béjaïa. Que ce soit ces commerçants ou les transporteurs interwilayas, ils doivent être probablement dans l’attente de ce que leur réserve les décisions qui seront comprises dans ce qu’il conviendrait d’appeler la 4e phase de déconfinement progressif qui, elle, devra débuter le premier septembre prochain. Contacté, hier, par Reporters pour savoir pourquoi les transporteurs interwilayas sont encore dans l’attente, le Dr Mohamed Bekkat Bekani, membre du Comité scientifique a répondu que cela obéit à la «démarche de déconfinement progressif mise en place par le gouvernement». Il continue en expliquant que «le coronavirus n’a pas complètement disparu et en Algérie on essaye de limiter sa propagation en limitant aussi la communication intrerwilayas de groupes en bus ou en taxis», et ce, «en raison du mode de transport en lui-même car c’est le déconfinement progressif qui dicte cette mesure préventive».
«Les bus sont de véritables endroits confinés, c’est pourquoi il faudrait des mesures sanitaires en rapport, et c’est le souci des autorités sanitaires. Les voyageurs qui viennent chacun d’un endroit différent, dont peut-être certains seraient atteints de Covis-19 mais asymptomatiques, et qui restent pendant des heures dans un même lieu confinés finissent par contaminer forcément les autres. Sans oublier que tous ces voyageurs partent dans une autre wilaya et peuvent, à leur tour, contaminer d’autres personnes dans cette wilaya. Quel sera le résultat ? Imaginons un peu l’ampleur de la transmission», explique encore le Dr Bekkat Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins. Concernant le métro d’Alger qui reste encore fermé aux usagers, il affirme que «le transport par métro, c’est comme le transport par les bus que je viens d’évoquer. Ça reste que c’est un lieu confiné et où il n’y a pas d’aération. Il faut bien comprendre que tout ce qui est endroit confiné est un endroit à risque, où le virus circule et se transmet plus rapidement que dans les endroits en plein air».
Il appelle à un peu plus de patience dans l’intérêt de tous car cette situation, malgré le fait qu’elle pèse sur le quotidien des citoyens et sur certains un peu plus que d’autres, n’est toutefois pas «ad vitam aeternam», surtout qu’il s’attend à ce que «ce sera ouvert progressivement, probablement avec la réouverture des universités» mais aussi «avec la poursuite de la diminution des cas» de contaminations au Covid-19. n