Au deuxième jour des débats autour de l’avant-projet de loi sur la santé, ce sont les députés de la majorité qui se sont illustrés à travers leurs attaques contre l’opposition, tout en défendant le gouvernement.

C’est ainsi que les parlementaires du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND) se sont rués sur leurs pairs de l’opposition, les accusant de «déformer la réalité et de faire dans la surenchère». C’est notamment le cas du président du groupe parlementaire du RND, M. Belabès, qui accuse l’opposition «d’obéir à un agenda politique». De son avis, «la position de l’opposition est loin de refléter la réalité des choses, c’est de la surenchère, une réalité déformée». Aussi et tout en estimant que «l’opposition fait de la politique et ne pense en aucune façon à la santé des malades», le député du RND appelle à prendre en ligne de compte «le malade d’abord, et la politique ensuite». D’autres députés de la majorité lui ont emboîté le pas pour critiquer «une surenchère de l’opposition qui ignore le malade». Mais la majorité a aussi défendu le gouvernement et son avant-projet de loi sur la santé. C’est ainsi que Mohamed El Hadi Abderrahmane, du RND, s’est dit satisfait de «tous les efforts consentis par l’Etat au profit des citoyens malgré les insuffisances enregistrés au niveau de quelques wilayas».  Ferhat Chabeh, également du parti d’Ouyahia, a abondé dans le même sens en soutenant «les efforts considérables déployés par l’Etat, notamment le maintien de la gratuité des soins consacrée par la Constitution». Côté Front de libération nationale (FLN), la députée Hadda Soufi a indiqué que le projet de loi constitue «un acquis important pour le citoyen» en appelant à la nécessité de la formation dans le secteur de la santé et notamment les cadres administratifs. D’autres députés ont mis l’accent sur l’urgence du «renforcement du contrôle de tous les établissements hospitaliers».

Hasbellaoui : «La gratuité des soins, une ligne rouge»
Au terme des débats, le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, a répondu aux préoccupations des parlementaires en se focalisant sur deux points : la gratuité des soins et le service civil des médecins résidents. Ce sont, en effet, ces deux problématiques qui sont le plus souvent revenues dans les interventions des députés. S’exprimant en premier par rapport à la question de la gratuité des soins, le ministre de la Santé a d’entrée lancé : «C’est une ligne rouge à ne pas dépasser.» Son argument est que «c’est un acquis de l’indépendance et personne ne peut s’amuser à remettre en cause ce principe». «Nous sommes là pour maintenir cette gratuité des soins et un meilleur accès des catégories démunies à des soins de qualité», a-t-il insisté. Sur ce point précisément, et en réponse aux députés du PT qui ont accusé le texte de loi de créer «une santé pour les riches et une pour les pauvres», le ministre a expliqué que «la loi garantit les droits du patient sur tous les plans, tout en réduisant le fossé entre les régions en matière d’accès aux soins, à travers une répartition équitable des ressources humaines et financières, en fonction des besoins sanitaires réels du citoyen». Concernant la question du service civil, le membre du gouvernement a lancé : «Il n’est pas question de le remettre en cause.» «Il revêt un caractère obligatoire», a-t-il dit aux députés en les regardant avant d’annoncer l’engagement du gouvernement à améliorer les conditions de travail des médecins résidents. Le ministre a évoqué les dispositions phares du projet de loi. C’est ainsi qu’il a estimé que le nouveau code de la santé aura à consacrer la complémentarité «effective entre les deux secteurs, privé et public, dans le cadre d’un système sanitaire global et intégré». Hasbellaoui a mis en avant la consécration des droits du patient à l’information sur son état de santé et au recours auprès du comité de conciliation et de médiation. Tout comme il a évoqué le droit du malade «à avoir un médecin référent relevant du secteur privé ou public, le plus proche de son domicile». Evoquant le financement de la santé, Hasbellaoui a soutenu que «le financement du système sanitaire, notamment dans la conjoncture actuelle, ne peut dépendre seulement du budget de l’Etat, en vue de réviser à la hausse le budget du secteur de la santé». De son avis, «la satisfaction des besoins sanitaires exige d’autres mécanismes appropriés visant la diversification des sources de financement, sans toucher à la gratuité des soins».