La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a reçu mardi au siège de son ministère à Alger le syndicat autonome Cnapeste. C’est le quatrième syndicat parmi les partenaires sociaux à être reçu par la ministre, après la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE-UGTA), la Fédération nationale des associations des parents d’élèves, et l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF).

Laconique, le communiqué, posté sur la page facebook et sur le site web de ce département, indique qu’un «ensemble de préoccupations ont été évoquées, notamment d’ordre socioprofessionnel et d’autres pédagogiques». La ministre a également écouté les propositions du syndicat, ajoute le communiqué.
Sollicité, Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, ne semble pas très satisfait de cette énième rencontre décidée par la ministre et déplore que les rencontres soient espacées dans le temps. «Nous n’avons rencontré la ministre que dans le cadre des rencontres bilatérales auxquelles nous avons été appelés que deux fois depuis sa nomination à ce poste. La première s’est déroulée le 15 mai 2014 et la seconde le 23 juillet 2014. Autrement dit, une période de deux années et demie est passée jusqu’à la rencontre de mardi dernier», souligne Boudiba, qui affirme que ces rencontres se sont avérées sans résultats tangibles. Pour y remédier, il plaide pour l’instauration d’un «dialogue sérieux et objectif». Selon notre interlocuteur, pour «concrétiser la stabilité que nécessite le secteur, il faut une concertation réelle et continue. Il faut revoir la politique du dialogue avec la tutelle». D’ailleurs, reproche-t-il, « aucune des propositions du Cnapeste n’ont été prises en considération». A propos de la rencontre tenue avec la ministre, le syndicaliste a énuméré huit dossiers soumis durant l’entrevue, dont celui relatif au logement, la retraite, la médecine du travail, les œuvres sociales et la prime de zone pour les enseignants du Sud. Il a également indiqué avoir insisté sur l’installation du Conseil national de l’éducation et l’Observatoire national de l’éducation, deux instances prévues par la loi 08-04 du 23 janvier 2008 portant orientation de l’éducation. Le syndicaliste souligne également qu’il a été question de la promotion des enseignants dans les différents grades, sans mentionner nommément des augmentations salariales. Ainsi, il semble bien que les questions pédagogiques et les conditions déplorables réservées aux élèves ont été soit survolées, soit occultées. Interpellé sur la charte d’éthique et de stabilité que le Cnapeste n’a pas ratifiée lors de son adoption en novembre 2015, Messaoud Boudiba tranche : «C’est une charte archivée.» Sur un autre registre, Messaoud Boudiba refuse d’en dire plus sur le mouvement de contestation de l’Intersyndicale. Il s’est contenté de déclarer que la réunion de l’Intersyndicale samedi 4 février sera consacrée à dégager un calendrier d’actions. Le Cnapeste tiendra son conseil national aujourd’hui à Alger avec, à l’ordre du jour, l’examen des activités du bureau national du syndicat, les rapports de wilayas, des questions organiques et, enfin, les perspectives.