Après avoir reçu, samedi, les délégations du FLN et des indépendants élus à l’APN, suivies dimanche des représentants du MSP et du RND, le président Tebboune a poursuivi hier ses consultations en vue de la formation du nouveau Gouvernement en recevant les chefs du Front El Moustakbel et du mouvement El Bina.

PAR NAZIM BRAHIMI
Les formations présidées respectivement par Abdelaziz Belaïd et Abdelkader Bengrina sont arrivées à la cinquième et sixième place lors du scrutin législatif du 12 juin en obtenant respectivement 48 et 39 sièges sur les 407 que compte l’Assemblée populaire nationale (APN).
Les deux audiences se sont déroulées en présence de Noureddine Bardad-Daidj, directeur de cabinet à la Présidence de la République, Mohamed El Amine Messaid, Secrétaire général de la Présidence de la République, et Boualem Boualem, conseiller auprès du président de la République chargé des affaires juridiques et judiciaires.
Contrairement aux personnalités reçues précédemment au palais d’El Mouradia qui se sont exprimées, du moins brièvement, sur le contenu de leur entrevue avec le premier magistrat du pays, Belaïd et Bengrina ont choisi le silence. Doit-on comprendre qu’aussi bien le Front El-Moustakbel que le mouvement El-Bina n’espèrent pas vraiment une bonne figuration dans le futur gouvernement ? Très probablement, pour des formations politiques aux résultats mitigés, d’autant plus que le FLN, pourtant premier au classement des législatives validé la semaine écoulée par le Conseil constitutionnel, n’a pas exprimé une quelconque ambition d’exiger le poste de Premier ministre.
C’est du moins ce qu’a affirmé son secrétaire général, Abou Fadhel El Baadji, lequel a déclaré qu’« il n’y a pas eu de proposition de noms de Premier ministre ». Autrement dit, le choix est entre les mains du président de la République qui misera sans doute sur un profil en adéquation avec les défis de l’heure.
Et si l’ensemble des partis qui ont obtenu une représentation parlementaire significative à l’occasion du dernier scrutin législatif n’étale pas leur envie de figurer dans le gouvernement post-Djerad, ce n’est manifestement pas le cas du MSP, qui semble nourrir de grandes ambitions pour une bonne place au sein du futur Exécutif. D’ailleurs, l’audience accordée par Tebboune à Makri semble avoir donné plus d’animation organique au MSP, puisque ce dernier a programmé hier (lundi) une réunion extraordinaire de son bureau exécutif. Cette rencontre sera suivie par une rencontre extraordinaire (aujourd’hui mardi) du conseil consultatif du parti. A l’ordre du jour figure un débat sur le contenu de la rencontre avec le Président, mais surtout de « trancher la question » en lien avec la présence du MSP au sein du futur gouvernement, un scénario très probable si on s’en tient au discours de Makri aussi bien avant le scrutin qu’après, même s’il n’hésite pas à pointer du doigt une fraude qui aurait pénalisé son parti au profit du FLN. n