Les consultations politiques élargies, initiées par Abdelmadjid Tebboune pour la formation du gouvernement, se sont poursuivies hier au siège de la présidence de la République.

Par Feriel Nourine
Après les délégations du Front de libération nationale (FLN) et les représentants des élus indépendants, reçues la veille, au premier jour des consultations, le président de la République s’est entretenu hier avec la délégation du Mouvement de la société pour la paix (MSP), conduite par son président Abderrazak Makri, puis celle du Rassemblement national démocratique (RND), conduite par son secrétaire général Tayeb Zitouni. Le MSP et le RND ont été classés respectivement troisième et quatrième forces politiques du pays avec 64 sièges remportés par le premier et 58 sièges pour le second.
L’audience s’est déroulée en présence de Noureddine Bardad-Daidj, directeur de cabinet à la Présidence de la République, Mohamed El Amine Messaid, Secrétaire général de la Présidence de la République, et Boualem Boualem, conseiller auprès du président de la République chargé des affaires juridiques et judiciaires.
Dans une déclaration à la presse faite après avoir été reçu au palais d’El Mouradia, Tayeb Zitouni a indiqué avoir reçu des propositions du chef de l’Etat pour que son parti intègre le gouvernement qui sera formé dans les prochains jours. Dans ce sens, M. Tebboune lui a demandé une liste de noms susceptibles de figurer dans cet exécutif, a souligné le secrétaire général du RND. A l’occasion, le responsable de la formation politique, ressuscitée par un scrutin à taux d’abstention inédit dans les annales de ce type d’échéances, a confirmé qu’il ne s’opposait pas à la constitution d’un gouvernement politique ouvert à des compétences nationales qui viendraient accompagner les partis politiques vainqueurs des législatives.
Pour sa part, Abderrezak Makri n’avait pas encore fait de déclaration sur sa rencontre avec le président de la République, hier au moment où nous mettions sous presse. Le président du MSP s’était néanmoins prononcé sur sa vision du gouvernement à venir moins d’une semaine après le vote du 12 juin, c’est dans une étape où le Conseil constitutionnel n’avait pas encore tranché sur les recours introduits à son niveau, et dont une bonne partie émanait du principal parti islamiste du pays. Lequel espérait gagner la bataille des recours pour rafler la majorité des sièges à la future APN et s’offrir l’habit de première force du pays.
Dans cette perspective, son premier responsable s’était positionné en tant que partenaire probable du futur gouvernement : «Nous allons étudier les propositions de notre participation au gouvernement, les circonstances de sa création et la compatibilité de son programme avec notre programme», avait indiqué Makri, rappelant que son parti avait promis la formation d’un gouvernement d’union nationale en cas de première place. «Le programme politique du MSP stipule qu’en cas de majorité, nous entrons en négociations avec les autres forces politiques (…) pour construire un pacte national (…) et former un gouvernement d’union nationale», avait détaillé l’intervenant. Cependant, les «résultats annoncés ne nous permettent pas de réaliser ce programme (…) Mais s’il y a un vrai dialogue national qui se rapproche de nos visions, nous reviendrons à notre bureau politique qui tranchera», a-t-il ajouté. Après les recours introduits auprès du Conseil consultatif, le MSP est toujours classé en troisième position avec le même nombre de sièges annoncé par l’Anie.
Après le FLN, les indépendants, le MSP et le RND, c’est au tour des mouvements el Moustakbel et El Bina d’être reçus aujourd’hui par le président de la République, conformément à l’ordre de priorité établi en fonction du classement des législatives, le premier parti s’étant adjugé 48 sièges, et 39 pour le second. <