Revoilà la tripartite ! A l’initiative de la présidence de la République, une réunion regroupera, demain et mercredi, gouvernement, partenaires sociaux et patronat, pour être consacrée à la relance économique, que l’Etat place au centre de ses objectifs.
Ce rendez-vous devra en premier lieu servir d’opportunité de rupture avec les rencontres du genre qui s’étaient succédé pendant plusieurs années sous une emprise politique si forte qu’elle n’avait pas tardé à vidé le concept même de tripartite de sa véritable substance socio-économique.
Entre un pouvoir en place qui était convaincu de sa vie éternelle, un patronnant majoritairement issu et partie prenante et une UGTA associée aux croyances de ce «deux en un», après avoir depuis longtemps oublié les rudiments du travail syndicaliste, la tripartite ancienne version n’aura, en fait, servi qu’à renforcer les acquis de ce trio, déclinés en multiples privilèges et autres extras que le commun des Algérie regardaient se partager comme un héritage dont il était «mafieusement» dépossédé.
D’où cette rupture revendiquée aujourd’hui, appelée à se manifester à travers une tripartite new-look, qui viendra tracer la feuille de route pour une relance économique réelle, associant plutôt toutes ces forces qui veulent accomplir cet objectif que ceux qui s’entêtent à en rechercher exclusivement les dividendes.
En cette période crise sanitaire qui a sensiblement réduit les marges de manœuvre du gouvernement, ce dernier est appelé à réussir sa première expérience de tripartite en injectant du sang neuf à ce type de rencontre. C’est, en effet, du vécu et de l’expérience des opérateurs économiques, ainsi que du rôle du partenaire social, dans sa véritable signification, que l’Exécutif est appelé à puiser son mode de gouvernance pour mener à bien sa mission.
Dans cette situation d’inconfort, le défi pour Abdelaziz Djerrad et son staff ministériel se résume aujourd’hui en une entreprise à devoir impérativement réussir en consentant énormément plus d’efforts que ceux qui étaient prévus à leur arrivée à leurs postes, c’est-à-dire avant l’apparition d’un virus qui a remis en cause tous leurs plans.
Dans l’échiquier mis en place par les pouvoirs publics, le rôle des patrons d’entreprises pèse lourdement. Celui du partenaire social tout autant, sinon plus. Surtout lorsque la dimension de ce partenaire ne se limite pas à la seule UGTA et laisse apprécier sa force à travers tous ces syndicats autonomes indésirables dans les précédentes tripartites.