En fin de compte, la période de 2000 à 2019 a connu une saignée de l’économie sans précédent dans l’histoire du pays, favorisée par la neutralisation des structures de contrôle, la complicité d’agents de contrôle couverts par de hauts responsables de l’Etat. A cela, s’est ajoutée l’absence de véritables instances de concertation nécessaires au fonctionnement d’un Etat de droit, de contre-pouvoirs indispensables à la révision de politiques publiques au service de tenants du pouvoir et non au service de la population. Tout cela invite, aujourd’hui, à consacrer une gouvernance plus juste, plus efficace, en droite ligne avec l’instauration d’un Etat de droit : démocratie participative avec la réactivation des instances de concertation et des contre-pouvoirs, comme le Cnes, plus de visibilité avec la réanimation des instances de conception de stratégies à long terme, comme le Conseil national de l’énergie et la création d’une cellule composée d’éminences grises pour la stratégie économique à long terme du pays, rattachée à la présidence et au gouvernement. Cette nouvelle gouvernance, que le nouveau Président de la République devrait mettre en œuvre, suppose mettre fin paradoxalement à la duplication de structures ou d’institutions chargées des mêmes tâches à l’instar de cette situation où les ministères de l’Energie et de l’Environnement et des Energies renouvelables et le Haut-commissariat aux énergies renouvelables s’occupent ensemble du dossier des ENR. Quant à la criminalité économique, l’essentiel demeure la volonté politique à lutter contre la corruption, la dilapidation des deniers publics, le transfert illégal de devises et le blanchiment d’argent. Le Président de la République veut aller dans cette direction. Ce qui constitue un bon signal. Espérons que sa résolution ne constituera pas encore une fois un vœu pieux. K. R.