Pour s’accorder des chances de maîtrise de l’information météorologique, visiblement déterminante dans un contexte de fortes perturbations climatiques et leurs lourdes conséquences, l’heure, semble-t-il, est à la mutualisation des données et de l’échange des expertises entre plusieurs pays.

PAR NAZIM B.
C’est dans cette perspective qu’a été lancé, hier à Alger, un jumelage institutionnel entre l’Office national de météorologie (ONM), Météo France et l’Institut finlandais de météorologie (FMI). L’objectif de cette coopération à trois est de «moderniser et d’améliorer les services » de l’ONM en bénéficiant de l’expertise des partenaires européens.
La cérémonie de lancement a été organisée dans le cadre de la célébration de la Journée météorologique mondiale, qui coïncide avec le 23 mars de chaque année, avec comme thème cette année «L’océan, le climat et le temps ».
Le jumelage, qui s’étalera sur deux ans (2020-2022) et qui bénéficiera d’un budget de 1,15 millions d’euros, entre dans le cadre de l’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association P3A IV entre l’Algérie et l’Union européenne (UE). «Il permettra de renforcer les méthodes de travail, les outils et les compétences de Météo Algérie, tout en contribuant à sa modernisation pour une meilleure maîtrise de son fonctionnement opérationnel », a expliqué le Directeur général de l’ONM, Brahim Ihadadene.
Pour sa part, le ministre des Travaux publics et des Transports, Kamal Nasri, a indiqué que ce projet de jumelage est une occasion pour les experts des trois pays (Algérie, France et Finlande) «d’échanger leurs expériences et d’améliorer leurs connaissances en plus de former la relève dans ce domaine très pointu devenu une science exacte, dont dépendent tous les domaines économiques et pas seulement l’agriculture ».
Le ministre a précisé, par la même occasion, que les secteurs de l’énergie, du bâtiment, du transport, de l’industrie, du tourisme et beaucoup d’autres «sont conditionnés par les informations fournies par les services météorologiques leur permettant de prendre les bonnes décisions ».
Il a exprimé dans ce sens son souhait que ce jumelage permette l’amélioration de la maîtrise de cette discipline qui servira aussi à mieux suivre, prévenir et maîtriser les effets des changements climatiques qui causent des dégâts considérables à travers le monde.
L’ambassadrice de Finlande en Algérie, Marja Joenusva, qui a suivi la cérémonie par visioconférence, a estimé, quant à elle, que ce jumelage «permettra de partager des informations et l’expertise, se disant, à cet effet, «convaincue » que toutes les parties bénéficieront de ce projet.
Elle a mis en exergue le savoir-faire «avéré » de la Finlande dans le domaine de la météorologie, soulignant que l’Institut finlandais de météorologie (FMI) a réalisé un grand nombre de projets de jumelage dans plusieurs pays. Mme Joenusva a exprimé, par ailleurs, son souhait que ce projet permette de «créer des partenariats de longue durée entre les administrations publiques des deux pays ».
Présent à cette cérémonie, l’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, s’est réjoui de l’implication de la France soit dans ces projets de jumelage financés par l’UE qui sont «importants et efficaces vu qu’ils favorisent la coopération et les bonnes pratiques ». Le diplomate français a rappelé qu’un autre séminaire de jumelage avec le département algérien des Transports s’est tenu au début de ce mois, tout en annonçant un troisième jumelage qui sera finalisé la semaine prochaine avec la Direction générale de la prospective.