Les Algériens rêvent tous d’un Etat de droit, d’une justice indépendante et juste. L’action actuelle de la justice algérienne contre le fléau de la corruption et la prévarication est véritablement bienvenue. Dans une crise politique qui provoque une situation délétère, la justice semble être le seul secteur qui suscite de la satisfaction aux yeux des Algériens. Ces derniers, même avec certaines réserves liées à une situation de transition incertaine, enregistrent avec bien-être que des puissants passent à la barre, goûtent à la terrible pression du contrôle judiciaire et même à l’incarcération. Le nouveau ministre de la Justice n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il dresse le tableau détestable de la situation actuelle, que tous Algériens connaissent. La corruption ne s’est pas limitée au détournement de deniers publics, aux pots-de-vin, aux malversations ou à l’enrichissement illicite, elle s’est étendue à l’atteinte aux biens publics avec décisions administratives. Le constat du garde des Sceaux, qui s’est visiblement installé dans une guerre sans merci contre la corruption et les abus de pouvoir, est une triste réalité. Les atteintes aux biens publics restent, en effet, parmi les maux les plus graves qui touchent l’Algérie. Et l’un des phénomènes détestables qui bloquent son développement. Cependant, les Algériens, qui applaudissent une justice enfin efficace, sont convaincus qu’aucun Etat de droit n’est possible sans une justice impartiale et au-dessus des contingences politiques. Il est évident qu’une justice efficace et crédible ne peut aucunement faire l’économie de sa transparence. Et donc de l’indépendance qui autorise cette transparence. Une justice indépendante affranchie du politique est une demande populaire. Mais le véritable enjeu du moment reste incontestablement l’émancipation du pouvoir judiciaire. C’est la véritable évolution vers laquelle tendent les citoyens qui demandent le changement.