Par Salim Koudil

En temps de crise, il est impérieux d’exploiter toutes les potentialités pour espérer renflouer les caisses et ainsi pouvoir surmonter les obstacles. Ce raisonnement peut s’appliquer au responsable d’un foyer, au chef d’entreprise ou un ministre, ou encore un Premier ministre. Des profils qui subissent, actuellement, les retombées d’une double crise, sanitaire et celle de la baisse des prix du pétrole.
Le gouvernement se devait donc de trouver des «niches» rentables. Il y a évidemment le monde des start-ups dont les retombées ne peuvent être palpables qu’à moyen et long termes, mais il y a également un autre secteur qui peut renflouer les caisses publiques, celui de l’exportation des hydrocarbures, qui a toujours été dominant, et qui est, actuellement, et depuis au moins une année, en bien mauvaise posture.
Se contenter de se lamenter ne peut, et ne pouvait pas, être une solution, même momentanée. D’où l’importance des exportations hors hydrocarbures, qui auraient pu être depuis longtemps bien «placées» dans le classement des secteurs à grande rentabilité. Malheureusement, les faits montrent que même avec de grandes potentialités, l’Algérie n’arrive toujours pas à profiter de ses atouts. Les chiffres sont là. Le montant des recettes des exportations hors hydrocarbures, en 2020, ne représentent que 9,48% du volume global. C’est très peu, surtout lorsqu’il s’agit d’un pourcentage par rapport à 24 milliards de dollars. Les opérateurs nationaux affirment souvent que l’une des principales raisons à cette piètre «prestation» ce sont les difficultés réglementaires et administratives qu’ils subissent. Une vérité que personne ne pourra nier. Trouver une solution à ce problème bien épineux sera-t-il suffisant ? Sans doute pas, et c’est là qu’entre en lice la nouvelle donne récemment imposée par le ministère des Affaires étrangères. Elle est représentée par cinq lettres, BIPIE, et sa mission devrait être salutaire pour les exportations algériennes. Il s’agit de l’ouverture du Bureau d’information et de promotion des investissements et des exportations, annoncée le 25 février dernier par le département de Sabri Boukadoum. Ce BIPIE va sans aucun doute pouvoir effacer la piètre image des ambassades et consulats algériens, qui ont très souvent été synonymes de «lieux de repos» pour les privilégiés du système. Le bureau va mettre à contribution les postes diplomatiques qui vont devoir respecter des cahiers des charges en termes d’objectifs chiffrés en matière économique. Il est d’autant important que la crise sanitaire a rendu très difficile les déplacements à l’étranger. Le télétravail s’étant imposé, il est temps que la diplomatie économique puisse se concrétiser.