Par Feriel Nourine
Si le marché international du gaz fait parler de lui ces dernières semaines, c’est surtout pour les perturbations dans l’approvisionnement et la flambée des prix générée par la guerre en Ukraine.
L’Algérie, en sa qualité de gros producteur de cette énergie vitale, s’est systématiquement retrouvée impliquée dans les démarches des pays gros consommateurs pour trouver des alternatives aux quantités qui leur manquent depuis que les approvisionnements russes pâtissent des sanctions occidentales contre ce pays et éprouvent d’énormes difficultés à arriver à bon port.
Mais loin des combats sur les territoires ukrainiens et les caméras de télé qui n’ont de zoom que pour cette « tragédie », l’Algérie est en train d’actionner le dossier du gaz pour servir d’autres causes que les Etats occidentaux et leurs relais médiatiques continuent d’ignorer.
Elle l’a fait l’été dernier en mettant fin au passage des livraisons de gaz algérien à l’Espagne par la voie du gazoduc Maghreb-Europe, qui passe par le territoire marocain. Une sanction à l’égard du Makhzen qui, en plus d’occuper illégalement les territoires du Sahara occidental s’est permis la normalisation avec Israël, cautionnant quasi ouvertement la politique que mène l’Etat sioniste en territoires palestiniens.
Une opération qui a ouvert la voie aux responsables marocains à une série de dérapages médiatiques et autres contre l’Algérie, poussant les autorités algériennes à contre-attaquer par des sanctions dont la fermeture du GME dont le Maroc s’approvisionnait en gaz.
Ces derniers jours, c’est le même attachement de l’Algérie à la cause sahraouie qui pousse Alger à reconsidérer ses relations avec l’Espagne dont le Premier ministre s’est autorisé un revirement imprévu à l’égard de cette question, n’hésitant pas à se ranger, brusquement, du côté du colonisateur marocain.
Rassurée par l’Algérie sur un approvisionnement sécurisé en gaz, l’Espagne se retrouve embarquée vers des lendemains incertains en matière de privilèges qui lui ont été consentis par son partenaire algérien avant la volte-face de son ministre.