Le projet de révision de la Constitution a eu son Conseil des ministres dédié. C’est dire l’importance de ce texte qui contient les bases juridiques sur lesquelles viendra reposer le destin du pays, notamment en matière de mode de gouvernance.
Sur ce registre, force est de constater et de déduire qu’on ne pouvait pas faire pire que ces vingt dernières années, fait de quatre mandats présidentiels qui ont transformé l’Algérie en richesses partagées en héritage familial.
Un clan présidentiel à défaut d’un président, apte à assumer réellement sa mission, une mainmise totale sur les institutions de la Nation, dont notamment le Parlement et la Justice, une justice sociale absente, une liberté d’expression de façade et, surtout, une corruption qui fleurissait jusqu’à déposséder le pays des véritables équilibres auxquels pouvait aspirer son peuple ; tous ces ingrédients, et bien d’autres, ont été réunis pour que les gouvernants exercent leur basse besogne dans un Etat mafieux.
C’est pourquoi le « Hirak béni » n’a assurément pas usurpé cette distinction, haute de signification et de symbolique, en provenance du président de la République. Une bénédiction qui a été salutaire parce qu’elle a brisé l’espoir d’un cinquième mandat dont les bénéficiaires n’avaient pas hésité à revendiquer en tant que droit acquis jusqu’aux dernières heures du 22 février 2019, et même durant les semaines qui ont suivi le soulèvement populaire à travers le marchandage entêté de ceux qui étaient alors au pouvoir.
Au-delà des détails que comptent ses dispositions, le projet d’amendement constitutionnel mérite aujourd’hui sans doute le référendum. Mais un peuple dont chaque électeur présent aux urnes le 1er novembre prochain sera aussi un hirakiste sans qui aucun changement n’aurait été projeté.