Le verdict du procès opposant l’ancien Directeur de la culture de la wilaya de M’sila, Rabah Drif, à la famille Abane et à l’Association Abane-Ramdane, est tombé hier. Il a écopé d’une peine de six mois d’emprisonnement ferme.
Le procès qui s’était tenu le 15 mars dernier fait suite à la plainte déposée par la famille et l’association contre l’ancien responsable pour avoir porté atteinte à la mémoire du chef de la Révolution anticoloniale et du martyr. Rabah Drif s’était distingué sur le réseau social Facebook par des propos et des vidéos jugés insultants pour la mémoire de Abane Ramdane et pour l’histoire de la guerre de Libération nationale. L’ex-directeur de la culture est allé jusqu’à utiliser le terme de « traître » pour qualifier la grande figure nationale algérienne et acteur clé du Congrès de la Soummam d’août 1956.
Dans le sillage du jugement, le collectif chargé de la défense de Rabah Drif a annoncé hier faire appel. L’un de ses membres a précisé avoir entamé la procédure pour « lever une incompréhension et obtenir la relaxation » du condamné dont les déclarations sur Abane ont soulevé un tollé général et provoqué une bataille sur les réseaux sociaux, relayés par des organisations comme celle des moudjahdine (ONM) qui s’est indignée des propos de Rabah Drif. Ce dernier rappelle-t-on, avait également, outre le qualificatif de « traître », considéré que le principe « de la primauté du politique sur le militaire » privilégiée par Abane était « une tentative d’attenter à l’esprit de la Révolution ».
A moins d’une erreur grossière, Rabah Drif représente le premier cas de condamnation liée à des questions historiques et mémorielles. La décision de le poursuivre en justice et le placer en détention préventive en date du 14 janvier dernier, après l’ouverture d’une enquête sur les propos diffamatoires du mis en cause. En vertu de l’article 11 du code de procédure pénale, M. Drif a été poursuivi pour « diffusion de publications pouvant porter préjudice à l’intérêt national et d’atteinte à la sécurité et à l’unité nationale ». Les sanctions dans ce cas sont prévues par les articles 79 et 96 du code pénal ainsi que les articles 52 et 66 de la loi du moudjahid et du chahid », ont noté des juristes. Et il est à préciser que M. Drif n’a pas été reconnu coupable d’atteinte à l’unité nationale, une charge rejetée par la justice.