La Banque d’Algérie vient de revoir à la baisse le taux de la prime due au titre de la participation des établissements financiers au fonds de garantie des dépôts bancaires. En agissant ainsi, l’autorité monétaire du pays vient d’abattre une nouvelle carte aux fins de libérer la liquidité bancaire qui semble amorcer une forte tendance à la baisse depuis le second semestre de 2019.

La banque centrale vient de revoir à la baisse le taux de la prime due au titre de la participation des établissements financiers au fonds de garantie des dépôts bancaires. A cet effet, une instruction vient d’être publiée et qui a pour objet de fixer, «en application du règlement n°20-03 du 20 rajab 1441 correspondant au 15 mars 2020 relatif au système de garantie des dépôts bancaires», le taux de la prime que doivent verser les banques ainsi que les succursales de banques étrangères exerçant en Algérie. Dans l’article 2 dudit règlement, le taux de la prime due par les banques ainsi que les succursales de banques étrangères exerçant en Algérie est fixé pour l’exercice 2019, «conformément à la délibération du Conseil de la Monnaie et du Crédit en date du 07 décembre 2020», à 0,1% de l’ensemble des dépôts enregistrés au 31 décembre 2019, lit-on dans l’instruction publiée, hier, par la Banque d’Algérie. L’instruction en question, en vigueur depuis la date de sa signature par le gouverneur de la banque centrale, fait obligation aux banques de la place de verser les primes au Fonds de garantie des dépôts bancaires, au plus tard, le 21 décembre 2020. La baisse du taux de la prime que versent annuellement les banques au Fonds de garantie des dépôts permettra aux établissements financiers de respirer, dans ce contexte marqué par une baisse sensible de la liquidité bancaire. La banque centrale avait levé le voile sur une baisse nette de la liquidité bancaire ; celle-ci s’est contractée de plus de 180 milliards de dinars à fin mai 2020 par rapport à la fin 2019, pour passer sous le seuil de 1.000 milliards de dinars. Plus précisément, la Banque d’Algérie a indiqué que «la liquidité globale des banques a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1.557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1.100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de la liquidité bancaire de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019». Depuis, la banque centrale était intervenue à maintes reprises pour tenter de libérer la liquidité en révisant à la baisse le taux des réserves obligatoires des banques. Celui-ci était passé de 12 à 8, puis à 6 et à 3% depuis mars dernier. La dernière intervention de la Banque d’Algérie en la matière portait sur la réduction du seuil minimum du coefficient de liquidité en dispensant désormais les banques et les établissements financiers de l’obligation de constitution du coussin de sécurité. C’est-à-dire que les banques ne sont plus dans l’obligation de disposer de réserves de sécurité comme ce fut le cas jusqu’ici. Ces interventions avaient pour seul but de libérer la liquidité et aider les banques à faire face aux impératifs de soutenir les entreprises affectées par le choc pandémique et tenter ainsi de faire repartir la croissance. La banque centrale a précisé à juste titre que les mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers avaient pour objectif «d’alléger l’impact de la pandémie du Covid19 sur le secteur économique national et de garantir les conditions indispensables à la poursuite de l’activité économique». La banque centrale avait également décidé plus tôt cette année de baisser son taux directeur afin de soutenir l’activité de production des crédits à l’économie. La plus haute institution monétaire vient de jouer sa énième carte dans ses tentatives à répétition aux fins de libérer la liquidité bancaire qui semble amorcer une forte tendance à la baisse depuis le second semestre de 2019. C’est un contexte qui rappelle étrangement la situation vécu en 2016 et durant une partie de l’année 2017 lorsque, face à un important mouvement baissier de la liquidité bancaire, la banque centrale avait tenté plusieurs solutions monétaires avant que la planche à billets ne soit actionnée dès octobre 2017, dans une ultime action dédiée à remettre les caisses de l’Etat à flot. <