«Pour qui sonne le glas» n’est pas uniquement le titre d’un roman culte de l’Américain Ernest Hemingway, ça résonne également comme une question. Sans en avoir l’air, elle s’imposait sur le paysage politique algérien depuis plusieurs semaines déjà et encore plus, depuis le retour du Président Tebboune de son séjour médical en Allemagne.
Des décisions étaient attendues depuis ce jour-là et, jeudi dernier, les sentences sont tombées. Elles sont venues sonner le glas pour trois «groupes». Le premier représente 432 personnes, celles qui avaient le statut de député. En annonçant la dissolution de l’APN, le Chef d’Etat a certes concrétisé une de ses promesses d’avant la Covid-19, mais il a surtout répondu positivement à une demande -pour certains une exigence – générale. La composante de cette 5e législature ne pouvait pas durer plus longtemps, et sa «mise à l’écart» était une urgence, une affaire de salubrité politique nationale.
L’histoire retiendra que cette 5e législature sera éternellement liée -en plus de nombreuses autres tares- à l’argent sale. D’ailleurs qui va regretter ces députés ? De toutes les réactions enregistrées depuis jeudi passé, aucune n’a été signalée dans le sens de «soutien» au triste sort de ces députés. Entrés par effraction, ils sortent de l’Hémicycle Zighout-Youcef directement vers la poubelle de l’histoire.
L’autre groupe pour qui a sonné le glas est composé de ceux qui ont fait du cas des détenus d’opinion un fonds de commerce. En faisant bénéficier une soixantaine de personnes de la grâce présidentielle, Abdelmadjid Tebboune a coupé l’herbe sous le pied de plusieurs «hurleurs», qui n’avaient souvent que ce sujet comme «force de proposition». La fermeture (quasiment) de ce dossier des détenus d’opinion est carrément une mise à nu de ces «commerçants», spécialistes des agoras virtuelles. Place à la réalité du terrain, celle de proposer des solutions, d’élaborer des programmes, de trouver des réponses aux revendications citoyennes…
Enfin, le 3e et dernier groupe, sujet du glas, concerne les ministres dont l’avenir au sein du gouvernement se conjugue, depuis jeudi passé, au passé, jour de l’annonce par le Président. Le remaniement attendu depuis plusieurs semaines (mois pour certains) a été accueilli, par plus d’un, avec satisfaction. Les «sortants», eux également, ne seront sûrement pas regrettés.
A la veille du 2e anniversaire du Hirak, il est indispensable de rappeler à tous que les choses ne peuvent plus être comme avant. Le mouvement populaire a également fait sonner le glas pour tous les adeptes de l’incompétence.