La direction générale des Douanes (DGD) vient de rendre compte de ses recettes sur les cinq premiers mois de 2019. Des revenus qui ont servi à financer le budget de l’Etat. Et, dans ce bilan, il est souligné que les recettes destinées à la Caisse nationale des retraites (CNR) se sont établies à près de 21,06 mds de dinars, contre 17,45 mds de dinars, en hausse de 20,65%. Ce chiffre reste important et est révélateur de l’existence de problèmes de caractère systémique à la CNR et auxquels il conviendrait de remédier. La Caisse se trouve ainsi confrontée à une situation dont il n’est pas aisé de se dépêtrer dans le contexte d’aujourd’hui. L’augmentation projetée des dépenses de retraite demeurant très élevée, des efforts financiers supplémentaires destinés à éviter un déficit de la caisse de retraite de longue durée sont de fait nécessaires afin de pouvoir payer les pensions des retraités à l’avenir. L’Etat a fait sortir beaucoup d’argent de la planche à billets, mais cela n’aura pas permis de résoudre les problèmes. Il a également essayé d’autres stratégies comme la mise à contribution du Fonds national d’investissement (FNI). Ce dernier a alloué des ressources sur de longues périodes, (des prêts étalés sur 40 ans) à la Caisse nationale des retraites. La loi de finances 2019, l’y a autorisé. Le FNI a accordé des prêts à long terme (jusqu’à 40 ans dont un délai de différé de 20 ans), à taux bonifiés, à la CNR. L’Etat va ainsi renflouer la 4 Caisse par le biais d’un instrument peu utilisé jusqu’ici dans le financement et le renforcement de la solidarité intergénérationnelle. Le FNI intervient ainsi sur un terrain qui ne lui est pas familier. Mais, les choses n’évoluent pas de manière favorable. La crise financière que vit le pays depuis 2014 a mis à nu les faiblesses structurelles de la CNR. La situation a atteint son paroxysme en 2018 où le gouvernement avait cassé sa tirelire en mobilisant, dans la loi de finances 2018, 500 milliards de dinars, pour combler le déficit de la caisse. Les recettes de la caisse nationale des retraites qui s’élevaient à 700 milliards de dinars, dont 100 milliards de dinars de subventions de l’Etat, lui permettaient difficilement de payer les pensions et les allocations de retraites. L’Etat bricolait en fait des solutions au fur et à mesure que les problèmes se posaient. Il n’a pas développé des solutions durables, en étendant l’assiette des cotisants, et en étudiant le travail au noir, un effort qui doit se faire en amont dans un marché du travail qui reste marqué par des problèmes structurels. Un marché où les cotisations sociales sont à revoir, même si les ressources fournies au fisc par le canal de l’IRG demeurent importantes. L’IRG sur salaires, un impôt retenu à la source, a rapporté 691,85 milliards de dinars en 2018 (contre 685,73 mds DA en 2017), alors que l’IRG sur les autres revenus s’est chiffré à 92,17 mds DA (contre 84,6 mds DA).
Peu d’argent est alloué aux communes
L’IRG sur salaires a alors représenté 26% des recettes fiscales ordinaires recouvrées et budgétisées en 2018 lesquelles se sont établies à
2 648,5 mds DA. L’Algérie comptait en 2018 un peu plus de 11 millions de salariés, selon l’ONS.
Pour revenir aux recettes douanières, il faut dire que les douanes ont fait nettement mieux que l’année passée. L’administration des douanes a en effet engrangé 436,73 milliards (mds) de dinars durant les cinq premiers mois de 2019, contre 413,76 mds dinars à la même période en 2018, en hausse de 5,55%. Cette amélioration s’explique, essentiellement, par les recouvrements exceptionnels qui ont été réalisés, au titre des régulations, par les recettes des Douanes du port d’Alger au cours du mois de mai. Ces recouvrements s’élevaient à 24,75 milliards de dinars, dont 13,70 mds de dinars en instance depuis 2012. Les recettes perçues par les Douanes ont servi à alimenter le budget de l’Etat à hauteur de 375,17 mds de dinars, contre 358,13 mds dinars, en hausse de près de 4,8% durant la période de comparaison. Les recettes affectées au budget de l’Etat ont représenté une part de 85,90% de l’ensemble des recouvrements des Douanes durant les cinq mois 2019. La part des recettes allouées à la Caisse de garantie et de solidarité des collectivités locales (CGSCL) est de 37,70 mds dinars, contre 35,58 mds dinars, en augmentation de 5,97% durant la même période de comparaison.
Celles destinées aux Comptes d’affectation spéciales (CAS), se sont établies à près de 2,32 mds de dinars, contre 1,96 md de dinars, enregistrant, ainsi une augmentation de près de 18,1%. De janvier à mai derniers, les recettes affectées aux communes ont totalisé 482,72 millions de dinars, contre 633,92 millions de dinars, en baisse de 23,85% par rapport à la même période en 2018. Tout le monde aura constaté que ce budget reste insuffisant. Il est en deçà des préoccupations des citoyens dans différentes communes. En 2018, les recettes douanières avaient atteint 1.026,28 mds de dinars ( plus de 7 milliards de dollars) contre 1.005,81 mds de dinars en 2017, en hausse (+2,03%).<