Le Conseil de la monnaie et du crédit a décidé de renforcer le fonds d’indemnisation des épargnants. Les concernés verront leur compensation en ca de risque passer de 600 000 DA à 2 millions de dinars.

Selon des responsables de la Banque d’Algérie, qui se sont confiés à l’APS hier, le nouveau règlement, adopté le 30 avril dernier lors de la tenue d’une session du Conseil, modifie ainsi et complète le règlement 04-03 du 4 mars 2004 relatif au système de garantie des dépôts bancaires et auquel toutes les banques du pays sont tenues de se conformer. Le système actuel, régissant la garantie des dépôts bancaires, en vigueur  depuis 2004, a fait l’objet de refondation dans son mode d’indemnisation des épargnants ainsi que sur les modalités de son fonctionnement. Cette actualisation de la réglementation répond à la politique d’inclusion financière voulue par les autorités monétaires du pays qui passe elle-même par l’instauration d’une nouvelle «relation de confiance du déposant vis-à-vis du secteur bancaire». Il s’agit aussi d’insuffler une dynamique à l’inclusion financière, mais aussi d’adapter le niveau de cette garantie aux pratiques usitées dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) et de s’inscrire dans une approche consistant à observer, de façon progressive, les normes édictées en la matière, notamment la crédibilité du niveau de couverture de l’indemnisation.
A ce titre, le fonds d’indemnisation par déposant, initialement fixé à 600 000 DA, est porté à 2 millions de dinars, au terme de la modification de l’article 8 du même règlement. Ce plafond s’applique à l’ensemble des dépôts d’un même déposant, auprès d’une même banque quel que soit le nombre de dépôts et la devise concernée. Et quel que soit le montant aussi. Une autre raison a plaidé pour ce changement, c’est la volonté de la Banque d’Algérie d’envoyer «un signe fort de protection de l’épargnant dans un système bancaire sain et rentable». La Banque d’Algérie affirme que «les capacités de résilience du système bancaire national aux chocs externes ont été éprouvées, et ce, quatre années durant». Jusqu’alors, le système bancaire national est resté «adéquatement capitalisé et rentable», sachant que son ratio de solvabilité moyen s’est situé à 19,6% à la fin de l’exercice 2017.
Au cours de  la même période, dans un élan de sauvegarde du système financier national, les banques se voyaient autorisées par la Banque d’Algérie à baisser leur taux de réserves obligatoires, des réserves financières que banques et institutions financières doivent obligatoirement déposer auprès de la Banque centrale, en le faisant passer de 12, à 8 puis à 4%. L’objectif était alors de permettre aux banques, par un effet de levier, de disposer de plus de liquidités pour accorder des crédits d’investissement.
D’ailleurs, à ce propos, le Premier ministre Ouyahia avait même alerté, devant les députés, auxquels il présentait le plan d’action du gouvernement, sur le fait que les banques, publiques surtout, n’avaient «n’ont presque plus d’argent» et que nombre d’investisseurs «ont présenté des projets rentables sans être en mesure d’obtenir les financements bancaires pour leur concrétisation». L’orage est passé depuis et la Banque d’Algérie présente ce dernier dispositif comme un «jalon supplémentaire en tant que stimulant à l’acte d’épargne dans le cadre d’une large inclusion financière basée sur des règles de sécurité et de confiance». Le premier consistait à demander aux banques de ne plus interroger les déposants sur la provenance de leurs fonds et de le leur restituer à la demande et non plus sur rendez-vous ! Enfin, rappelant que le système de garantie des dépôts bancaires a été instauré en 2004 dans le but d’indemniser les déposants en cas d’indisponibilité de leurs dépôts bancaires. Cette année-là, la banqueroute du groupe Khalifa avait fait beaucoup de mal.