Talaie El Hourriyet, parti de l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis, a opté pour le boycott des prochaines élections législatives.

Mais, ce n’est sûrement pas une raison pour s’effacer de la scène politique, au contraire, il compte bien faire parler de lui avant, durant et après le scrutin prévu durant le printemps 2017. A peine la précampagne et les préparatifs en prévision de ces échéances ont-ils commencé, que Talaie El Hourriyet passe à la contre-attaque, histoire de combler son absence au débat et aux espaces qu’offre ce rendez-vous. Sa décision de boycott « a fait très mal au régime politique en place », a-t-il estimé. Dans un communiqué rendu public hier, le porte-parole du parti, Ahmed Adimi, n’a pas été avec le dos de la cuillère pour faire le procès des autorités, particulièrement du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui. Ce dernier a laissé entendre dimanche que son département « ne délivrait pas d’agréments uniquement pour participer aux élections présidentielles » et que « des sanctions seront prises dans l’avenir à l’encontre de ceux qui ne contribueraient pas à l’animation de la vie politique ». Des déclarations à tout le moins «affligeantes et très peu inspirées», écrit le porte-parole du parti de Benflis, estimant que ces propos « ont dévoilé une vision paternaliste de l’opposition, une infantilisation de l’action politique et une transformation des élections en transaction ». Et de s’engager dans une opération de discréditation des législatives prochaines, le moins que l’on puisse dire prématurée d’autant que rien ne dit pour l’instant qu’elles ne constituent pas une étape importante, n’attireront pas la participation massive des citoyens ou qu’elles seront entachées de fraudes. Pour Talaie El Hourriyet « nos gouvernants ont un besoin urgent de mettre un peu d’ordre dans leurs esprits car ces élections qui comptent tant pour eux sont de très peu d’intérêt pour ceux que préoccupent au plus haut point les défis politiques, économiques et sociaux qui assaillent notre malheureux pays de toutes parts et qui restent en jachère». Plus encore, il estime que le phénomène de participation ou de non-participation « n’est pas inexplicable ». « Il s’explique par la tricherie politique et la fraude électorale notoires dont sont systématiquement entachés tous ces processus. Aussi longtemps que persistera ce mal, il induira la désaffection de nos concitoyennes et de nos concitoyens à l’égard de la politique, tout comme il continuera à amener, à chaque échéance électorale, les partis à s’interroger sur le bienfondé de leur participation ou de leur non-participation à des processus électoraux aussi pervertis et aussi dévoyés », lit-on dans le « réquisitoire » d’Ahmed Adimi.
Ce problème cessera de se poser, explique-t-il, « dès lors que la compétition politique aura été réconciliée avec les valeurs de justice, de loyauté et d’égalité des chances et que les scrutins auront retrouvé les qualités qui devraient être les leurs, c’est-à-dire la sincérité, la régularité et la transparence ». Histoire de faire comprendre que ce n’est pas le cas pour les prochaines législatives. Un constat, faut-il l’admettre, précipité et surtout sorti de nulle part, puisque même les partis politiques engagés dans la course aux législatives, même s’ils expriment des craintes, n’ont pas été jusqu’à discréditer dès maintenant le vote prochain. C’est, en effet, un premier signal fort que le parti de Benflis compte bien compenser son boycott en versant dans la contre-campagne dont le seul but est de mener les citoyens à suivre la même voie, c’est-à-dire celle du boycott et de l’abstention.