La pêche en mer a vu sa production en Algérie stagner autour des 100 000 tonnes par an, a indiqué hier le Directeur de la pêche et des ressources halieutiques au sein du ministère de l’Agriculture, Tahar Hamouche.

Cette situation est le résultat d’une autre stagnation, celle des stocks des ressources halieutiques dans les fonds marins, a souligné M. Hamouche, sur les ondes de la Radio nationale. Précisant que cette tendance est également observée au niveau mondial où 50% de l’offre en produits de mer est tirée de l’aquaculture, tel que confirmé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Dans le cas de l’Algérie, il a justifié cette stagnation par l’exploitation frauduleuse des richesses en la matière à laquelle recourent des professionnels de la pêche. Il citera, sur ce registre, le non-respect de la période de repos biologique des poissons. C’est pourquoi des mesures ont été prises par les autorités concernées pour que cette période soit respectée, a indiqué le même responsable. Avant d’évoquer les autres mesures inscrites dans le cadre de la sauvegarde de la ressource halieutique, à savoir la définition des tailles marchandes des poissons et la mise en place de récifs artificiels au niveau des côtes afin de dissuader les chalutiers de trop s’approcher des récifs coralliens naturels en les dégradant.
Cette dernière pratique avait, faut-il le rappeler, fait des misères au poisson l’été dernier, notamment à la sardine d’à peine 4 cm (alors que les normes sont de 11 cm au moins) qui pouvait être ramassée sans effort ni retenue pour être proposée à tout juste 100 DA le kilo. Un épisode qui n’avait d’ailleurs pas manqué de défier la chronique et susciter la montée au créneau du Comité national des marins pêcheurs et des poissonniers dont le président avait dénoncé un «déficit de contrôle de la part des services concernés». Selon M. Hamouche, en dépit des comportements de pêche illicite, à l’origine de la destruction de la ressource, « une prise de conscience est en train de se faire au sein de la majorité des professionnels sur la nécessité de protéger cette dernière pour la pérenniser ». Le Directeur de la pêche et des ressources halieutiques au ministère de l’Agriculture a également expliqué que, si au niveau mondial, la demande croissante en ressources halieutiques est satisfaite à 50% par le développement de l’aquaculture, en Algérie, la production aquacole reste limitée, avec une consommation en poissons et fruits de mer qui ne dépasse pas les 5%. Elle a atteint tout juste 4 200 tonnes en 2017, alors que la demande nationale en poissons dépasse les 100 000 tonnes. Faisant savoir aussi que 25 grands projets avaient été engagés l’année dernière auxquels s’ajoutent 900 petits projets grâce aux différents dispositifs d’aide à l’emploi. Concernant la production halieutique-hors aquaculture, elle a atteint 108 000 tonnes en 2017 contre 102 000 t en 2016, a-t-il précisé, en relevant que la moyenne annuelle de la production nationale de la pêche marine est de 100 000 tonnes, tandis que les importations sont de l’ordre de 40 000 tonnes annuellement. Concernant la consommation nationale, elle varie entre 4,5 kg et 6 kg/habitant/an, a encore indiqué M. Hamouche. Les pouvoirs publics ont mis le cap sur une production de 290 000 tonnes à l’horizon 2035 en se basant notamment sur le développement de l’aquaculture, a-t-il ajouté.
A propos du quota de thons rouges dont dispose l’Algérie pour le compte de l’année 2018, le même responsable dira qu’il est de 1 300 tonnes et qu’il devrait augmenter à 1 400 tonnes en 2019 puis à 1 650 tonnes en 2020.