Par Bouzid Chalabi
Alors que les stocks d’eau du pays diminuent par l’effet du stress hydrique cyclique, comme enregistré notamment, ces trois dernières années, les besoins des populations en eau potable sont de plus en plus grands. Une équation à laquelle il faudra très vite trouver solution. Dans cette optique, l’idée maîtresse serait de développer une économie de ce précieux liquide afin de mieux le gérer en usant de tous les moyens de lutte contre le gaspillage. Une approche qui semble tenir la route. En effet, le ministre des Ressources en eau a annoncé de nouvelles mesures en matière de gestion de l’eau, notamment la mise en place d’une police de l’eau et d’une charte pour économiser l’eau. Ce dernier, qui se prononçait hier sur les ondes de la radio publique, a indiqué que «cette charte sera présentée mardi au Conseil interministériel puis transmise à l’ensemble des secteurs concernés pour faire l’objet d’actions concrètes». En précisant dans ce sens : «La charte est inévitable si l’on veut déterminer efficacement l’usage rationnel des différentes sources d’eau par ces temps de déficit pluviométrique.» Au sujet du gaspillage de l’eau, Mihoubi a souligné l’intérêt d’un travail de communication et de sensibilisation des citoyens, notamment via l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE) et l’implication d’autres ministères. «Au terme de ce travail de sensibilisation, il pourrait être instauré un système répressif contre le gaspillage de l’eau, notamment au niveau des piquages illicites», a-t-il confié. Toujours à propos de la police, il a fait savoir qu’elle sera mise en place «en temps opportun et aura comme principale mission de réprimander le gaspillage de l’eau d’où qu’il vient». Le ministre a par ailleurs évoqué le déficit en eau que connaît le pays. Devant ce constat, il a affirmé : «On ne peut plus se contenter des eaux de surface et l’objectif est d’aller vers l’eau non conventionnelle, à savoir l’eau souterraine, l’eau de mer dessalée et le recyclage de l’eau». Interrogé sur une possible revue à la tarification de l’eau potable, le ministre a répondu «pas dans l’immédiat», en ce qui concerne la clientèle industrielle, mais pour les citoyens «une augmentation du prix au mètre cube consommé n’est pas envisagée». Cependant, Mihoubi a souligné que la subvention de l’Etat à l’AEP des populations «ne sera supprimée qu’une fois atteint un niveau élevé de performance dans la prestation des services relative à l’AEP». Toujours dans ce même ordre d’idées, le membre du gouvernement a lancé : «Le pays a consenti des montants d’investissement colossaux dans le secteur des ressources hydriques et donc il est temps que la tarification en vigueur fasse l’objet d’une révision à la hausse.» A ce propos, le ministre a enfin révélé : «La loi sur l’eau est en voie de révision et sera soumise à différents secteurs pour enrichissement avec des actions concrètes».
Notons que le ministre a, dès l’entame de son passage à la radio, dressé un tableau sur la situation hydrique actuelle du pays. Ainsi il a fait savoir que l’ensemble des régions du pays ont connu un déficit de pluviométrie depuis l’année dernière à l’exception de la région Est qui a connu un surplus de 2 %. Pour le détail, l’invité de la Chaîne III a indiqué que pour la période de septembre à avril, il a été enregistré pour la région Ouest 225 millimètres de précipitations, soit -28 % comparativement à la moyenne des vingt dernières années, tandis-que le Centre-Ouest a enregistré 212 mm (-42 %), 375 mm pour la région Centre-Est (-26 %) et 598 mm (+2 %). Concernant le taux de remplissage des barrages, le ministre a indiqué que pour l’Ouest, ce taux est de 28 %, 21 % pour le centre, 28 % pour le Chelif et 67 % pour l’Est, soit un taux de remplissage national autour de 44 %. «Devant ce déficit, il devient indispensable de s’orienter vers les eaux non conventionnelles», a-t-il insisté. C’est pourquoi Mihoubi a plaidé pour la mobilisation des moyens nécessaires et le redoublement des efforts en matière de réalisation de stations de dessalement d’eau de mer (SDEM).
Possible non-reconduction du contrat de partenariat avec la Suez des Eaux
Le ministre des Ressources en eau s’est à nouveau exprimé hier, lors de son passage à la radio, sur le contrat avec le partenaire français (Suez) portant sur la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et Tipasa à travers la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal). Mihoubi a rapporté en substance que l’accord arrivant à terme «ne pourrait pas être reconduit en raison d’irrégularités» constatées dans son application. Expliquant dans ce sens : «Le partenaire français a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites.» Estimant que la Seaal n’a pas mis les moyens nécessaires pour évaluer et résorber le phénomène des fuites d’eau qui représentent le «maillon faible» de cette société créée en 2006. Mihoubi soulignant : «Il n’y a eu d’actions dans ce sens que récemment.» Faisant savoir que son département a engagé deux audits, sur la base desquels il va trancher sur la reconduction ou pas du contrat avec le partenaire français. Le ministre jugeant enfin que le mode de montage actuel du contrat «ne répond pas aux exigences actuelles» et doit donc être revu. <

Pour lutter contre le gaspillage
Création d’une police des eaux

Par Bouzid Chalabi
Alors que les stocks d’eau du pays diminuent par l’effet du stress hydrique cyclique, comme enregistré notamment, ces trois dernières années, les besoins des populations en eau potable sont de plus en plus grands. Une équation à laquelle il faudra très vite trouver solution. Dans cette optique, l’idée maîtresse serait de développer une économie de ce précieux liquide afin de mieux le gérer en usant de tous les moyens de lutte contre le gaspillage. Une approche qui semble tenir la route. En effet, le ministre des Ressources en eau a annoncé de nouvelles mesures en matière de gestion de l’eau, notamment la mise en place d’une police de l’eau et d’une charte pour économiser l’eau. Ce dernier, qui se prononçait hier sur les ondes de la radio publique, a indiqué que «cette charte sera présentée mardi au Conseil interministériel puis transmise à l’ensemble des secteurs concernés pour faire l’objet d’actions concrètes». En précisant dans ce sens : «La charte est inévitable si l’on veut déterminer efficacement l’usage rationnel des différentes sources d’eau par ces temps de déficit pluviométrique.» Au sujet du gaspillage de l’eau, Mihoubi a souligné l’intérêt d’un travail de communication et de sensibilisation des citoyens, notamment via l’Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE) et l’implication d’autres ministères. «Au terme de ce travail de sensibilisation, il pourrait être instauré un système répressif contre le gaspillage de l’eau, notamment au niveau des piquages illicites», a-t-il confié. Toujours à propos de la police, il a fait savoir qu’elle sera mise en place «en temps opportun et aura comme principale mission de réprimander le gaspillage de l’eau d’où qu’il vient». Le ministre a par ailleurs évoqué le déficit en eau que connaît le pays. Devant ce constat, il a affirmé : «On ne peut plus se contenter des eaux de surface et l’objectif est d’aller vers l’eau non conventionnelle, à savoir l’eau souterraine, l’eau de mer dessalée et le recyclage de l’eau». Interrogé sur une possible revue à la tarification de l’eau potable, le ministre a répondu «pas dans l’immédiat», en ce qui concerne la clientèle industrielle, mais pour les citoyens «une augmentation du prix au mètre cube consommé n’est pas envisagée». Cependant, Mihoubi a souligné que la subvention de l’Etat à l’AEP des populations «ne sera supprimée qu’une fois atteint un niveau élevé de performance dans la prestation des services relative à l’AEP». Toujours dans ce même ordre d’idées, le membre du gouvernement a lancé : «Le pays a consenti des montants d’investissement colossaux dans le secteur des ressources hydriques et donc il est temps que la tarification en vigueur fasse l’objet d’une révision à la hausse.» A ce propos, le ministre a enfin révélé : «La loi sur l’eau est en voie de révision et sera soumise à différents secteurs pour enrichissement avec des actions concrètes».
Notons que le ministre a, dès l’entame de son passage à la radio, dressé un tableau sur la situation hydrique actuelle du pays. Ainsi il a fait savoir que l’ensemble des régions du pays ont connu un déficit de pluviométrie depuis l’année dernière à l’exception de la région Est qui a connu un surplus de 2 %. Pour le détail, l’invité de la Chaîne III a indiqué que pour la période de septembre à avril, il a été enregistré pour la région Ouest 225 millimètres de précipitations, soit -28 % comparativement à la moyenne des vingt dernières années, tandis-que le Centre-Ouest a enregistré 212 mm (-42 %), 375 mm pour la région Centre-Est (-26 %) et 598 mm (+2 %). Concernant le taux de remplissage des barrages, le ministre a indiqué que pour l’Ouest, ce taux est de 28 %, 21 % pour le centre, 28 % pour le Chelif et 67 % pour l’Est, soit un taux de remplissage national autour de 44 %. «Devant ce déficit, il devient indispensable de s’orienter vers les eaux non conventionnelles», a-t-il insisté. C’est pourquoi Mihoubi a plaidé pour la mobilisation des moyens nécessaires et le redoublement des efforts en matière de réalisation de stations de dessalement d’eau de mer (SDEM).
Possible non-reconduction du contrat de partenariat avec la Suez des Eaux
Le ministre des Ressources en eau s’est à nouveau exprimé hier, lors de son passage à la radio, sur le contrat avec le partenaire français (Suez) portant sur la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et Tipasa à travers la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal). Mihoubi a rapporté en substance que l’accord arrivant à terme «ne pourrait pas être reconduit en raison d’irrégularités» constatées dans son application. Expliquant dans ce sens : «Le partenaire français a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites.» Estimant que la Seaal n’a pas mis les moyens nécessaires pour évaluer et résorber le phénomène des fuites d’eau qui représentent le «maillon faible» de cette société créée en 2006. Mihoubi soulignant : «Il n’y a eu d’actions dans ce sens que récemment.» Faisant savoir que son département a engagé deux audits, sur la base desquels il va trancher sur la reconduction ou pas du contrat avec le partenaire français. Le ministre jugeant enfin que le mode de montage actuel du contrat «ne répond pas aux exigences actuelles» et doit donc être revu. <