Miser sur la multiplication des tests de dépistage PCR est l’une des stratégies du ministère de la Santé afin de prévenir les risques d’une 2e vague de la pandémie de la Covid-19 qui déferle déjà dans de nombreux pays, notamment à cause de la baisse de température et surtout du relâchement des gestes barrières.
Le Pr Lyes Rahal, Directeur de l’Institut national de santé publique (INSP) et membre du Comité de surveillance et du suivi de l’évolution et de surveillance de l’épidémie du coronavirus Covid-19 en Algérie, a affirmé, lors de son passage vendredi soir à la Télévision nationale : «Dès l’accalmie du nombre de personnes contaminées, enregistrées au mois de juillet dernier, au niveau du Comité scientifique, nous avons anticipé sur la nécessité d’augmenter le nombre de personnes dépistées afin d’être rapidement réactifs dès une nouvelle accélération de la propagation du virus qui était prévisible.»
Le Pr Lyes Rahal rappelle qu’au début de la pandémie, seul l’institut Pasteur d’Alger avait les moyens matériels et humains d’effectuer les tests PCR, au fil des mois, l’Algérie a déployé des efforts pour multiplier le nombre de laboratoires capables d’effectuer ce type de tests pointus pour dépister le coronavirus dans plusieurs wilayas. Afin de renforcer cette stratégie, le ministère de la Santé a récemment signé un protocole d’accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour mettre à la disposition des structures hospitalières près de trente laboratoires universitaires capables d’effectuer des tests PCR et qui seront effectifs dès le mois de novembre prochain. «Cela permettra de renforcer le réseau de laboratoires capables des tests PCR, qui reste le test le plus fiable pour détecter les malades contaminés par le coronavirus, avec l’existence de près de soixante laboratoires publics qui pourront rapidement effectuer les tests à grande échelle».
Le membre du comité scientifique a également souligné que cette stratégie de la multiplication des tests PCR a pour objectif de rapidement cerner les foyers de contagion en identifiant les cas contact et les tester et ensuite les isoler au cas où il y a contagion, afin de limiter la propagation du virus. Une stratégie qui a fonctionné dans les pays asiatiques qui ont fait preuve de discipline dans la célérité de la mise en quarantaine des clusters et du respect des gestes barrières.
Le Pr Lyes Rahal a aussi souligné que dans le cadre de cette stratégie, une rencontre a également été organisée, il y a quelques jours, avec les représentants des laboratoires privés avec le ministère de la Santé qui leur a garanti de leur apporter toutes les facilités pour que ces laboratoires puissent effectuer les test PCR, afin de participer à l’effort national dans «cette guerre contre le coronavirus dont les tests PCR et le dépistage des cas suspects sont des armes efficaces».
Toutefois, au vu du prix exorbitant des tests que pratiquent certains laboratoires privés, qui varient du simple au double selon les laboratoires, le Directeur de l’INSP affirme que le ministère de la Santé a donné des consignes pour que «les prix des tests de dépistage soient alignés sur les prix de l’Institut Pasteur», c’est-à-dire au «prix coûtant». Et enchaînant que «ce que nous voulons, c’est de donner le choix aux citoyens entre les laboratoires privés et publics».
Le nombre de lits d’hospitalisation ont doublé en un mois
Par ailleurs, le membre du Comité de surveillance et du suivi de l’évolution et de surveillance de l’épidémie du coronavirus Covid-19 en Algérie a souligné, à propos des courbes de l’augmentation du nombre de contaminations et d’hospitalisations, «dès que le nombre de malades Covid dépasse les 50 % d’hospitalisation dans les unités de réanimation, cela indique que la propagation du coronavirus est en train de s’accélérer».
Il a rappelé qu’il y a une semaine, le Comité avait tiré la sonnette d’alarme pour la réouverture des services Covid, affirmant que le nombre de malades hospitalisés a doublé en un mois. En effet, le 1er octobre dernier, le nombre de malades Covid hospitalisés était de 2 238 et a augmenté rapidement pour atteindre, le 30 octobre, 4 291 malades. Le Pr Lyes Rahal a expliqué que, selon le protocole sanitaire qui privilégie les traitements à domicile pour de nombreux cas bénins, les malades contaminés hospitalisés sont ceux qui sont en détresse respiratoire et qui ont besoin d’oxygène. Pour les cas plus graves, ils sont transférés dans les unités de réanimation. A la date du 30 octobre, 422 malades Covid sont hospitalisés en réanimation, car ils avaient besoin de ventilation. A la même date, 48 malades sont intubés, c’est-à-dire qu’ils ont besoin d’une machine pour respirer et la mobilisation d’une équipe médicale à leur chevet 24H/24.
Pour conclure, le Pr Lyes Rahal exhorte encore une fois les citoyens à plus de discipline en déclarant : «On est en état de guerre contre le virus et la meilleure arme pour le vaincre et le respect des gestes barrières.» <