Dernière marche pour le changement aujourd’hui, en ce mois de jeûne pour les étudiants. Au lendemain de la clôture du dernier délai pour le dépôt de candidature à la présidentielle, qui s’annonce désormais reportée de facto, les étudiants comptent sortir pour demander au chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah de clarifier sa position pour une sortie de crise.
Après avoir défendu jusqu’au bout la voie constitutionnelle, Ahmed Gaïd Salah, devra encore une fois aujourd’hui faire face aux étudiants qui promettent de ne rien lâcher. Malgré la répression dont ils ont été victimes, mardi dernier, y compris par le déploiement d’un impressionnant dispositif sécuritaire et l’installation de barrages au niveau de la rue Assellah-Hocine et Zighout-Youcef, les étudiants ont réussi à battre le pavé à Alger en maintenant leur mobilisation aussi intacte qu’au premier jour. « Rien ne nous fera reculer. Nous avons arraché de nombreux acquis grâce à notre mobilisation et au mouvement populaire, maintenant que nous sommes presque sûrs que les élections ne se tiendront pas le 4 juillet, nous n’avons pas le droit de faiblir.
Bien au contraire, c’est le moment de maintenir la pression pour l’application des articles 7 et 8 de la Constitution ou alors aller vers une autre solution en toute démocratie et transparence », a indiqué Farouk, étudiant à l’Ecole nationale supérieure de management. De son côté, Ahlem, étudiante à l’Ecole supérieure en sciences et technologie du sport (ESTS), a indiqué que le soutien au mouvement populaire est plus que jamais nécessaire. « Depuis le 22 février dernier, nous assistons à une véritable tornade dans la scène politique algérienne. Personne n’a le droit de nous confisquer cette révolution, c’est pour cela que nous allons continuer à marcher jusqu’à l’instauration d’un Etat de droit. Ces élections sont rejetées et pareil pour le gouvernement actuel qui doit partir. Le chef d’état-major doit laisser le peuple tracer son chemin et non lui imposer des élections », a-t-elle fait savoir.
Rattrapage
des cours,
le document
qui fâche
Par ailleurs, et après avoir déserté les amphis, la majorité des étudiants ont rompu avec la grève qui avait paralysé les campus et se préparent désormais pour les examens du 2e semestre prévus le 15 juin. Cependant, le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) a dénoncé l’obligation de certaines facultés à faire signer aux enseignants des engagements de réalisation des cours dans les délais fixés par la faculté. « Les enseignants ne sont pas responsables des conséquences de la grève des étudiants car ils étaient en poste. L’enseignant algérien n’a jamais rechigné à faire des heures supplémentaires, parfois même à titre gracieux, mais de là à lui exiger de signer un engagement, cela est à la limite de l’insulte », s’est indigné Abdelhafid Milat, coordinateur national du Cnes. Tout en rappelant son soutien indéfectible au mouvement populaire, le Cnes a tenu à rappeler avoir été le premier à mettre les étudiants en garde contre la grève qu’ils avaient décrétée.
« Nous sommes engagés moralement à soutenir les étudiants et à les accompagner. L’administration doit rester en dehors de cela et ne pas jeter de l’huile sur le feu, car nul n’a le droit de nous faire signer des engagements », a-t-il conclu.<