Une fenêtre internationale compliquée (nul face au Mali et défaite contre la Suède) en novembre et les fortes rafales de critiques qui font tourner les girouettes. Une sorte de cabale « numérique » a été déclenchée à l’encontre de Djamel Belmadi, sélectionneur national. Sur les réseaux sociaux, des pages « sponsoriées » remettent en considération sa capacité à sublimer de nouveau l’EN. Pour sa part, Hafid Derradji, journaliste à BeIN Sports aussi connu pour ses accointances avec certains décideurs dans le football circus algérien, lui a carrément fait porter le chapeau de l’échec dans la qualification à la Coupe du Monde 2022… après avoir pensé, dans un passé récent, que Belmadi était l’homme de la situation. Un changement de veste surprenant et intriguant.

Par Mohamed Touileb
Le tournoi qatari a naturellement exhumé cette élimination dramatique face au Cameroun dans la course au Mondial 2022. Ce traumatisme a causé de l’amnésie chez beaucoup de personnes dont l’avis sur le sélectionneur a pris un virage de 180 degrés. Ce revirement est illustré par les propos, annonciateurs d’une probable forte averse pour Belmadi, de Hafid Derradji.

D’homme de la situation à premier responsable
En effet, on l’a relevé dans notre livraison du jeudi 24 novembre. Certains éléments laissaient déjà croire que le driver de l’EN ne jouit plus d’immunité. De la contradiction dans l’appréciation qui montre que les choses vont vite dans le football. Pour beaucoup, Belmadi ne tient plus les rênes de la sélection avec la sérénité affichée avant la CAN-2019 et l’année qui l’a suivie. Sur le chemin, il a essuyé deux gros échecs. En effet, il y a eu l’élimination précoce à la CAN-2021 et l’échec à se qualifier à la Coupe du Monde 2022. Forcément, il y a un vacillement.
L’absence du Mondial a laissé des traces. Pour Hafid Derradji, « Belmadi assume une grande part de responsabilité de l’élimination des Verts de la Coupe du Monde… Si j’étais à sa place, je serais parti juste après la désillusion du 29 mars dernier. Lorsqu’on échoue, on doit savoir quitter la table. Je pense que c’est la fin d’un cycle. Autrement dit, Belmadi ne dispose pas d’autres alternatives pour injecter du sang neuf au sein de la sélection ».
Ce constat contredit clairement son analyse post-élimination face aux Camerounais : « Tout le Bureau Fédéral de la FAF doit déposer sa démission après cet échec. En revanche, Belmadi doit poursuivre sur le banc parce qu’il va se racheter s’il reste en poste et notre sélection reviendra plus forte », avait écrit le célèbre journaliste sur ses réseaux sociaux.

Les « Raouraouistes » aux aguets
Effectivement, si Charaf-Eddine Amara et son BF n’ont pas survécu, Djamel Belmadi est toujours aux commandes techniques. « Ce n’est pas lui qui avait décidé seul de poursuivre l’aventure à la tête de la barre technique de la sélection nationale. Même les hautes sphères de l’État étaient pour que Belmadi reste…Je pense qu’il a envie de rectifier le tir, notamment lors de la CAN-2024 en Côte d’Ivoire », a noté Derradji qui fait, pour ceux qui ne le savent pas, partie du clan de Mohamed Raouraoua, ancien patron de la Fédération algérienne de football (FAF).
Ce retournement de veste de l’ancien responsable du département «Sports» à la Télévision nationale n’augure de rien de bon pour Belmadi. On pourrait même penser que le technicien de 46 ans est en sursis. Dès lors, l’urgence est de redresser la barre et faire oublier la rechute de novembre contre le Mali et -surtout- la Suède (défaite 2-0). Le successeur de Rabah Madjer devrait sortir de ce trou d’air. Mais sa marge de manœuvre est désormais réduite. n