Un festival national de poésie en l’honneur du maestro de la chanson kabyle Cherif Kheddam sera « prochainement institué » et « une cagnotte de 1 million de DA sera dégagée par l’APW de Tizi Ouzou pour l’organisation de la première édition » a déclaré, dimanche dernier, le président de l’Assemblée populaire de wilaya de Tizi Ouzou (APW), Youcef Aouchiche, à l’APS.

Le festival qui sera localisé dans le village natal de l’artiste, Boumessaoud, dans la commune d’Imsouhal au sud-est de Tizi Ouzou, se veut à la fois « un hommage et une reconnaissance à ce grand artiste qui a produit des merveilles et hissé la chanson kabyle et algérienne à l’universalité », a souligné Youcef Aouchiche. Il a ajouté que l’organisation de cette première édition du festival se déroulera probablement lors de la commémoration du 10e anniversaire de la disparition de Cherif Kheddam, le 23 janvier 2012.
Le président de l’APW de Tizi Ouzou, ajoute que la décision de l’institution d’un festival, dédié à rendre hommage à Cherif Kheddam, « a été prise en collaboration avec le comité du village, de la famille du défunt et de l’APC d’Imsouhal lors d’une cérémonie de commémoration, samedi dernier, du 9e anniversaire de la disparition de l’artiste et du 1er Prix du lauréat du concours Rabah-Aïssat du village le plus propre obtenu lors de la dernière édition ».
Né en 1927 à Boumessaoud, Cherif Kheddam a marqué de son empreinte la chanson kabyle et algérienne avec ses productions de qualité musicale et textuelle inégalées, ainsi que l’histoire de la radio nationale.
Après une formation coranique dans une zaouïa à Tazmalt dans la ville de Béjaïa, il s’installa à Alger puis en France où il exerça plusieurs métiers avant que son génie musical le mène à suivre des cours du soir de solfège et de chant qui lui ouvriront la porte d’une grande carrière.
Dès 1956, il signa un contrat avec la maison d’édition Pathé Marconi qui sortira ses premières chansons, dont la célèbre « Yellis n’tmurt » (fille du pays). A l’indépendance de l’Algérie, il retourna au pays et anima une émission « Ighennayen Uzekka » (Chanteurs de demain) sur les ondes de la Chaîne II de la Radio nationale qui a permis la découverte du talent musical de plusieurs grands chanteurs. Il a aussi modernisé la chanson kabyle en introduisant plusieurs nouveaux instruments et a été le premier qui y a introduit des partitions. Le nom de Cherif Kheddam est aussi étroitement lié à la diva de chanson kabyle, Nouara, pour qui il a composé et écrit ses plus grands succès. Hospitalisé dans un hôpital parisien, il est mort le 23 janvier 2012 à l’âge de 85 ans et inhumé dans son village natal. Sa dernière apparition sur scène remonte à 2005, lors d’une soirée mémorable qui lui avait été consacrée à la Coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf, à Alger. Devant des milliers de personnes, Cherif Kheddam a dirigé en véritable maestro et a subjugué les spectateurs par l’étendue de son talent en tant que poète, compositeur et chef d’orchestre.
Plusieurs livres ont été consacrés à la vie et l’œuvre de l’artiste disparu à l’instar de celui de Saïd Sadi intitulé « Cherif Kheddam. Abrid iggunin », « Le chemin du devoir » et celui de Tassadit Yacine sous le titre « Cherif Kheddam ou l’amour de l’art ».