Par la voix de sa diplomatie, l’Algérie a condamné, hier dimanche, dans des termes des plus sévères les «attaques racistes et extrémistes de l’occupant israélien contre les Palestiniens à El-Qods (Jérusalem) occupée et leur privation d’accomplir leurs rites religieux dans la Mosquée d’El-Aqsa, en violation flagrante des résolutions de la légalité internationale».

Synthèse de Salim Benour
Dans son communiqué, le ministère des Affaires étrangères fustige également les «tentatives répétées de légitimation de la logique de spoliation des terres d’autrui par la force et d’imposition de la souveraineté sur la ville Sainte, en violation flagrante des résolutions de la légalité internationale». «Face à ces graves violations que s’acharnent à commettre les autorités d’occupation israéliennes contre le peuple palestinien sans défense, l’Algérie appelle la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité de l’ONU, à agir en toute urgence pour assurer la protection nécessaire au peuple palestinien et à ses lieux sacrés et à mettre fin à ces actes criminels et à la politique d’occupation israélienne des territoires palestiniens», ajoute le communiqué.
A ce titre, l’Algérie souligne «sa pleine solidarité et son soutien constant au côté du peuple palestinien dans sa lutte héroïque contre l’occupation israélienne», réaffirmant «sa position ferme de soutien à la cause palestinienne jusqu’au recouvrement par le peuple palestinien de ses droits légitimes et inaliénables, en tête desquels l’établissement d’un Etat indépendant avec El-Qods comme capitale».
Samedi, au moins trois jeunes Palestiniens ont été blessés par des tirs de l’armée d’occupation après la répression d’une manifestation de soutien à la mosquée d’Al Aqsa et aux habitants du quartier Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Au sujet des familles palestiniennes menacées d’expulsion de leurs habitations par des colons israéliens, la justice israélienne a annoncé, hier dimanche, le report d’une audience clé, qui était prévue lundi, consacrée à leur sort. «A la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l’audience prévue demain a été annulée», a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant qu’une nouvelle date allait être annoncée dans «les trente prochains jours».
Vendredi soir, plus de 220 personnes, majoritairement des Palestiniens, ont été blessées lors de heurts avec des policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées. Samedi soir, de nouveaux heurts ont eu lieu à Jérusalem-Est mais dans les secteurs de la porte de Damas, Bab al-Zahra et Cheikh Jarrah faisant une centaine de blessés, dont 39 mineurs selon l’Unicef. Dans le quartier de Cheikh Jarrah, théâtre de protestations quotidiennes depuis plusieurs jours contre la possible éviction de familles palestiniennes au profit de colons israéliens, des Palestiniens ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre israéliennes qui ont fait usage de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes.
Hier, dimanche, l’esplanade des Mosquées était relativement calme, mais la tension restait palpable dans la Vieille Ville, les heurts intervenant en fin de journée, voire en soirée après la rupture du jeûne. Premier allié de l’Etat hébreu, les Etats-Unis ont appelé les «responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence», et exprimé leur inquiétude quant à «l’expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah». Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan – quatre pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël ces derniers mois – ont fait état de leur «profonde inquiétude» appelant Israël au calme. Idem pour le quartette sur le Proche-Orient (USA, Russie, ONU, UE) qui a appelé Israël à faire preuve de «retenue».
Lors d’un message dominical après la prière, le pape François a appelé dimanche à la fin des violences à Jérusalem : «La violence engendre seulement la violence. Arrêtons ces heurts». Le Hamas, mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a appelé les Palestiniens à rester sur l’esplanade des Mosquées et menacé Israël d’attaques si la Cour suprême validait les évictions de Cheikh Jarrah.