Le ministère annonce une prochaine révision des modalités d’orientation des élèves et une amélioration de leur niveau.

Par MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale compte «revoir» les modalités d’orientation des élèves vers les filières mathématiques et math-techniques dans le cadre de la promotion de la matière des mathématiques pour améliorer le niveau des élèves. C’est ce qu’a souligné le premier responsable du secteur Abdelhakim Belabed, qui a annoncé, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des mathématiques, l’organisation, en juillet, d’une rencontre sur l’enseignement des mathématiques.
S’exprimant lors d’une cérémonie organisée au lycée des Mathématiques de Kouba (Alger), en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane, M. Belabed a précisé que son secteur «s’apprête à revoir les modalités d’orientation des élèves vers les filières mathématiques et math-techniques en accordant la priorité aux bacheliers matheux pour les spécialités universitaires, en vue de renforcer le propre choix des élèves de l’enseignement secondaire par rapport à ces deux filières».
Le ministre a annoncé une série de mesures dont la création de la Commission nationale des olympiades au niveau de l’Institut national de recherche en éducation (INRE), toutes spécialités confondues, notamment les mathématiques.
Le secteur «accorde un intérêt aux talents remarquables et aux lauréats parmi les personnes aux besoins spécifiques en vue de leur permettre de rejoindre les classes spécialisées en première année secondaire dans cet établissement, qui assure un enseignement secondaire général et une technologie spécifique», a-t-il dit. Il a fait, également, état de la création de nouveaux lycées spécialisés en mathématiques en vue de former des pôles d’excellence harmonieux à la faveur des écoles supérieures existant dans différentes wilayas. Concernant le plan d’encadrement, le ministère de tutelle œuvre, selon M. Belabed, à l’élaboration de mécanismes permettant d’élargir la formation des enseignants spécialisés dans les mathématiques au niveau des écoles normales supérieures (ENS) et de réviser le contenu de la formation en accordant un intérêt particulier à l’ouverture de spécialités en informatique au niveau des écoles supérieures. Dans le souci de promouvoir l’enseignement des mathématiques dans les différents cycles scolaires et d’encourager l’inscription dans les branches mathématique et math-techniques, le ministre a fait savoir que le secteur consacrait aux mathématiques dans les différents niveaux scolaires un volume horaire adéquat avec un encadrement pédagogique qui s’élève, durant cette année scolaire, à 186 692 enseignants dans le cycle primaire, 28 112 dans le cycle moyen et 13 362 dans le cycle secondaire.
Il a affirmé, en outre, que les efforts consentis dans ce domaine avaient été couronnés de succès en enregistrant une amélioration notable en matière de notes des élèves de cette matière parallèlement à l’augmentation du nombre d’élèves inscrits aux branches mathématique et math-techniques, ainsi qu’une amélioration permanente du taux de réussite des candidats de ces deux branches dans les examens du baccalauréat.
Dans le cadre de la concrétisation du programme d’action du Gouvernement, le ministre a déclaré : «Nous sommes appelés à promouvoir l’enseignement scientifique et technologique et à lui accorder l’intérêt nécessaire, car ce dernier ne se limite pas uniquement à apporter des connaissances limitées dans des matières scientifiques et techniques mais apporte également des compétences permettant de trouver les usages des connaissances scientifiques dans la vie scolaire, sociale et professionnelle des élèves».
Le ministre a annoncé l’organisation, en juillet, d’une rencontre sur l’enseignement des mathématiques, affirmant que les conclusions de cette rencontre seront mises en œuvre «pour insuffler un nouvel élan à l’enseignement de cette matière en Algérie».

Réhabilitation des maths
S’exprimant à cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur Abdelbaki Benziane a indiqué que «les mathématiques sont en crise en tant que phénomène mondial», précisant que «50% des 54 spécialités des mathématiques sont classiques et 40% pratiques. Il reste donc 10% de spécialités modernes, à l’image de la cryptographie et les mathématiques financières», a fait savoir le ministre.
Dans ce cadre, M. Benziane a fait état de plus de 4 500 chercheurs répartis sur 65 laboratoires de recherche en mathématiques dont 50% sont des doctorants. «L’Algérie a donné ces dix dernières années près de 5 000 contributions scientifiques, ce qui lui a permis d’occuper la 40e place à l’échelle internationale, se positionnant ainsi parmi les trois premiers pays africains en la matière. Cette contribution représente 16% de la production scientifique algérienne», a-t-il expliqué.
En vue de rattraper la situation que connaît l’Algérie, aujourd’hui, en matière d’enseignement des mathématiques, il a appelé à l’adoption «d’une stratégie multidimensionnelle» pour réhabiliter les mathématiques (…), à travers «la révision des modalités d’orientation» des bacheliers vers ce domaine, en général, et dans la filière mathématiques, en particulier, en sus de la promotion de l’Université.
Il a ajouté que son secteur et celui de l’Education nationale «œuvreront à réaliser cet objectif stratégique à travers la garantie d’une formation adéquate aux formateurs et la promotion des mathématiques, en vue de réaliser les objectifs tracés, à savoir apprendre aux enfants à aimer cette matière, actualiser ses programmes et méthodes d’enseignement et le développement d’un partenariat bilatéral en matière de recherches mathématiques».
Dans une déclaration à la presse, en marge de la cérémonie, le président de la Commission nationale des Olympiades toutes spécialités confondues, Hacène Belbachir, a affirmé que le niveau de la recherche scientifique dans le domaine des mathématiques en Algérie a connu «un développement important» durant les cinq dernières années, ce qui a valu à l’Algérie la première place au niveau africain. Le professeur universitaire a exprimé sa conviction de la capacité de l’élève algérien à apprendre les mathématiques, ajoutant que «l’Ecole algérienne compte de bons élèves dans cette matière. <