Un rassemblement, le troisième du genre, en solidarité avec le journaliste Khaled Drareni,
a été organisé, hier, à la maison de la presse Tahar-Djaout à Alger, pour réclamer
la libération du détenu, en prison depuis plus de cinq mois.

Cette nouvelle action de mobilisation intervient à 24 heures de la tenue du procès en appel du journaliste, condamné le 10 août dernier à 3 ans de prison ferme et à une amende de 50 000 DA pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale».
Le verdict a été, faut-il le souligner, dénoncé par le collectif de défense qui a pointé un jugement «sans fondement», «inique», «injuste» et «orienté politiquement». C’est d’ailleurs ce sentiment « d’arbitraire » que subit le journaliste qui continue de susciter l’indignation et la mobilisation des professionnels de la presse, des avocats et de quelques acteurs politiques et du mouvement associatif.
Le rassemblement d’hier a été ainsi marqué par la présence des avocats Mostefa Bouchachi, Fetta Sadat et Zoubida Assoul. Des slogans ont été scandés comme « Khaled Drareni est un journaliste libre », «Khaled Drareni n’est pas un khabardji», «libérez Drareni» et d’autres mots d’ordre criés ou affichés sur les nombreuses pancartes brandies à l’intérieur de la Maison de la presse en appui à la cause du confrère emprisonné.
Il faut rappeler que la condamnation de Khaled Drareni à 3 ans de prison ferme a suscité une vague de désapprobation auprès des professionnels de la presse et d’autres pans de la société qui ne cessent depuis d’exprimer leur solidarité au détenu qui bénéficie également des signes de soutien émanant de l’étranger, notamment de la part des médias et des organisations du secteur.
« Dans le cas de Drareni, on ne lui a pas appliqué la loi organique sur l’information car tous les faits qu’on lui reproche sont régis par cette dernière qui, au demeurant, le protège et ne prévoit aucune sanction pénale. On a contourné la loi sur l’information pour lui appliquer le code pénal. Nous continuerons nos plaidoyers jusqu’à sa libération », a fait remarquer un membre du collectif de défense du journaliste.
Arrêtés, avec deux militants, le 7 mars lors d’une marche à Alger et présenté le 10 du même mois devant le juge, le journaliste Drareni a été mis sous contrôle judiciaire et les deux militants placés en détention provisoire. Par la suite, et en date du 28 mars, le contrôle judiciaire de Khaled Drareni a été annulé en appel pour le placer en détention provisoire, jusqu’au 10 août qui a vu le Tribunal de Sidi M’hamed prononcer le verdict condamnant Drareni à 3 ans de prison ferme. Aujourd’hui aura lieu également le procès en appel des deux autres accusés, à savoir Samir Benlarbi (présent hier au rassemblement) et Slimane Hamitouche, qui ont été condamnés à 2 ans de prison, dont 4 mois fermes, et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation de ses droits civiques dans la même affaire, lors du verdict le 10 août dernier. Arrêtés dans les mêmes circonstances, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche avaient été mis en liberté provisoire le 2 juillet dernier, tandis que Khaled Drareni a été maintenu en détention, un traitement qu’ont dénoncé les avocats du journaliste qui ont évoqué une « décision arbitraire et politique ». Au cours de l’instruction comme lors du procès qui s’est déroulé en visioconférence à cause de la pandémie du coronavirus, le journaliste a constamment défendu l’idée qu’il n’a fait qu’exercer
son métier « en couvrant les manifestations publiques, mais également celles organisées en faveur du pouvoir ». n