Par Hakim Ould Mohamed
En réunion, la semaine dernière au Nigeria, autour d’une table ronde dédiée à l’intégration locale dans le secteur pétrolier et gazier, les producteurs africains de brut ont débattu de la possible parade au désengagement des majors et des banques des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables. Les plus grands producteurs de pétrole d’Afrique ne prévoient pas d’abandonner de sitôt l’exploration et la production de pétrole et de gaz, étant donné la part des hydrocarbures dans le PIB, les recettes en devises et dans le budget.
Les économies des pays africains producteurs de pétrole sont réputées parmi les plus dépendantes des hydrocarbures et les moins résilientes aux chocs pétroliers. En guise de parade au désengagement des grandes firmes mondiales des énergies fossiles, les producteurs africains de pétrole et de gaz ont estimé impératif, d’abord, d’augmenter la part du produit local dans les secteurs et les chaînes de production dans les hydrocarbures. D’ailleurs, au Nigeria, membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et premier producteur de pétrole d’Afrique, où s’est tenue une table ronde dédiée au contenu local dans les projets pétroliers et gaziers, les participants ont plaidé en faveur de l’intégration locale dans le secteur des hydrocarbures aux fins de substituer, un tant soit peu, les investissements étrangers par les fournisseurs locaux de services. A cette rencontre, à laquelle ont participé le ministre nigérian du Pétrole, Timipre Sylva, le Secrétaire général de l’Organisation des producteurs pétroliers africains (APPO), Omar Ibrahim, et des représentants d’autres producteurs africains de pétrole et de gaz, venus d’Angola, d’Algérie, d’Egypte, du Gabon, du Cameroun et du Niger, les présents ont conclu que l’augmentation de la part du contenu local dans les services pétroliers et la chaîne de production et d’approvisionnement de l’industrie pétrolière et gazière est l’un des moyens de nature à permettre aux producteurs africains de faire face au désengagement des majors des énergies fossiles. Les participants ont débattu également de l’utilité de la création d’une banque dont la mission serait de financer des projets pétroliers et gaziers dans un contexte marqué par la réorientation d’une partie des investissements des majors et des banques en faveur des énergies nouvelles. Simbi Wabote, secrétaire exécutif du Conseil nigérian de surveillance du développement du contenu (NCDMB), a déclaré lors de cette rencontre que l’Afrique pourrait avoir besoin de créer une banque continentale pour financer des projets pétroliers et gaziers maintenant que les grandes banques internationales réexaminent leur exposition et leurs engagements envers les combustibles fossiles. Avec plus de 100 milliards de barils de pétrole encore dans le sous-sol africain, la plupart des économies du Continent sont encore fortement dépendantes des revenus pétroliers. L’Afrique ne semble pas prête à renoncer à la production de ces 100 milliards de barils et à les classer comme des actifs compromis.