Attendu pour la journée d’hier, le procès en appel de l’ancien patron de la Police nationale, Abdelghani Hamel, et des membres de sa famille, a été reporté par le Tribunal de Sidi M’hamed au 26 juillet prochain.

Poursuivi dans cette affaire pour «enrichissement illicite» et «détournement de foncier», l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) avait été condamné à 15 ans de prison ferme et une amende de 8 millions DA alors que son épouse et ses enfants ont écopé de peines de prison entre 2 et 10 ans. Des peines de prison de 3 ans ont été également infligées aux deux anciens ministres, Abdelmalek Boudiaf et Abdelghani Zaâlane.
En plus des peines prononcées contre la famille Hamel, le Tribunal avait condamné les sociétés créées sur fond d’influence et de pouvoir à verser 32 millions de dinars au Trésor public, avec, en sus, la saisie de tous les biens immobiliers et comptes bancaires des condamnés.
Le Tribunal a dû ainsi annoncer le report de ce procès en appel suite au refus des accusés que l’audience se déroule en mode de visioconférence à cause de la crise sanitaire et ses restrictions.
Le procès de Hamel, pour rappel, n’a pas manqué de défrayer la chronique, et pas uniquement pour les noms des accusés et des responsabilités qu’ils ont eu à occuper dans les structures de l’Etat. Mais surtout au vu des biens que se sont accordés et accaparé la famille de l’ancien patron de la police. L’affaire a, en effet, révélé un Hamel détenteur d’une longue série de biens fonciers et immobiliers à travers l’ensemble du pays. Il s’agit notamment d’une villa à Bir-el-Djir, à Oran, acquise en 2006 contre un montant de quinze millions, un logement acquis dans une coopérative militaire et acheté à 800 millions, une maison de 111 mètres carrés en bord de mer à Oran, une autre de 318 mètres carrés à Douaouda et un logement à Tlemcen. Il est également question d’un autre terrain à Staouéli de deux autres assiettes de terrain à Es-Senia dans la wilaya d’Oran.
Le procès, qui avait mis Hamel devant les faits, a révélé que l’accusé était titulaire d’une vingtaine de comptes domiciliés dans plusieurs agences bancaires à l’instar de la BEA, à Rouiba, El-Mouradia, Chéraga, Bordj-el-Kiffan, Oran, Béjaïa, El-Attaf, et plusieurs comptes à la Cnep, deux comptes CPA et un compte courant…
Le procès a mis également la lumière sur l’enrichissement illicite de Hamel et de sa famille. C’est ce qui a été constaté, s’agissant de son fils Chafik Hamel, qui possède divers biens immobiliers et des lots de terrain en son nom dans les wilayas d’Alger et d’Oran et un logement… social également dans la capitale. Tout comme il a procédé à l’ouverture d’un nombre de sociétés dans lesquelles il s’est arrogé une part dans l’actionnariat en tant qu’associé ainsi que sur sa possession de 16 comptes bancaires.
L’épouse d’Abdelghani Hamel a bénéficié, elle, de neuf locaux dans la commune d’Ouled Fayet d’un appartement à Sétif, des actions dans des entreprises, une boîte de communication et de publicité et un compte de 7 000 euros.
Concernant les ministres accusés dans l’affaire, Boudiaf Abdelmalek a été condamné à 3 ans de prison et à une amende de 1 million de dinars.
Le même verdict a été rendu à l’encontre de l’ancien wali d’Oran et ancien ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaalane. L’ancien wali de Tlemcen, Bensebane Zoubir, a été condamné à 3 ans de prison, tandis que l’ancien wali de Tipasa, Ghellaï Moussa, a été condamné à 5 ans de prison ferme et à une amende de 1 million de dinars. Pour sa part, Mohamed Rehaïmia, ancien Directeur général de l’OPGI d’Hussein Dey, a été condamné à 3 ans de prison, assortie de 500 000 DA d’amende.
Vendredi, le tribunal de Blida a condamné Abdelghani Hamel et l’ancien chef de la Sûreté de la wilaya d’Alger, Noureddine Berrachedi, à une peine de 4 ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA chacun dans l’affaire relative à «abus de fonction» pour obtenir «d’indus privilèges à caractère professionnel» afin de préserver leur poste. <