C’est aujourd’hui que le Premier ministre et argentier du pays présentera aux députés de l’Assemblée populaire nationale la copie de son programme destiné à gérer la conjoncture actuelle et amorcer une sortie de la crise notamment économique dans laquelle se débat le pays. Sa prestation devant l’arc parlementaire est sa première sortie solennellement publique. Elle s’apparente à un baptême du feu et une entrée effective dans un chantier de réforme et de rénovation qui n’est pas de tout repos.
Par Hakim Ould Mohamed
Il s’agit des huiles et du sucre, dont les cours ont progressé respectivement de 6,7% et 9,6% en août dernier par rapport au niveau enregistré en juillet.
Les prix du sucre enchaînent la cinquième augmentation mensuelle consécutive et grimpent ainsi à leur plus haut niveau depuis février 2017. Cette hausse des cours sur les marchés mondiaux, combinée à une dépréciation du dinar, a eu pour conséquence une augmentation des coûts de production, affectant le pouvoir d’achat des entreprises et, par conséquent, des consommateurs à travers la hausse des prix à la consommation. Cela concerne essentiellement les prix des huiles qui ont connu d’importantes variations haussières ces derniers mois. La dernière note de conjoncture de l’Office national des statistiques (ONS) pour le mois de juin dernier montre que les prix des produits alimentaires industriels affichaient une hausse de 2,2% due au relèvement des prix des huiles et graisses (+14,9%) et des sucres et produits sucrés (+2,4%). En variation annuelle juin 2021-juin 2020, les prix des produits alimentaires industriels ont progressé de 8,6%, en partie en raison de la flambée des matières premières sur les marchés mondiaux. Les coûts de production des industries agroalimentaires ont progressé également de 4,1% en juin. Pour tenter d’enrayer cette fièvre inflationniste qui affecte essentiellement les huiles et le sucre, un projet de décret exécutif qui plafonne les prix à la consommation et des marges plafonds à la production, à l’importation et à la distribution, aux stades de gros et de détail, de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc, a été examiné, samedi, lors de la réunion du gouvernement présidée par le Premier ministre et ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane.
Ce projet de décret exécutif, modifiant et complétant le décret exécutif n° 11-108 du 06/03/2011, fixant le prix plafond au consommateur ainsi que les marges plafonds à la production, à l’importation et à la distribution, aux stades de gros et de détail, de l’huile alimentaire raffinée ordinaire et du sucre blanc a été présenté par le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations. Dans un communiqué sanctionnant les travaux de sa réunion, l’Exécutif explique que ce projet de texte «vise à mieux rationaliser les importations des produits intermédiaires et des produits finis pour cette catégorie de denrées alimentaires, à travers notamment l’élargissement de la compensation des prix à d’autres matières produites localement afin de protéger la production nationale». Le plafonnement des prix à la consommation, à la production, à l’importation et à la distribution servirait, également, de mécanisme d’absorption des anticipations inflationnistes et ses conséquences sur le pouvoir d’achat. Ainsi après avoir autorisé les agriculteurs à vendre directement leurs produits aux consommateurs à travers les marchés de gros et de détail, le gouvernement, par le biais du ministère du Commerce, tente de freiner la hausse des prix des huiles végétales et du sucre au moyen d’un dispositif de plafonnement des prix. Ces deux mécanismes de régulation et de contrôle des prix s’attaquent ainsi aux deux niches qui sont à l’origine directe de la montée de l’inflation, amorcée depuis le mois d’octobre de l’année dernière, à savoir la hausse des prix des produits agricoles frais et des produits alimentaires industriels.
La question qui se pose est celle de savoir si la compensation des prix sera soutenue par le Trésor public comme ce fut le cas pour les autres produits subventionnés, dont les produits énergétiques, dont le soutien aux prix creuse le déficit du Trésor public. <