Quelques années après l’application du système LMD dans les établissements universitaires, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a élaboré un projet de décret censé redéfinir les concepts dudit système. Un système introduit, faut-il le rappeler, «sans un débat préalable» parmi les professionnels du secteur.
Lors de son passage à la Chaîne III de la Radio nationale, le Directeur général des enseignements de la formation supérieure, au ministère, Boualem Saïdani, précise que le décret en question est déjà soumis à l’appréciation du gouvernement Abdelaziz Djerrad, souhaitant que ce projet porte ses fruits. M. Saïdani estime que le système Licence-Master-Doctorat «n’était pas clair» dans la tête de beaucoup de personnes, y compris celles de la communauté universitaire. D’ailleurs, depuis son application, ce système a constamment fait l’objet de critiques par les professionnels du secteur, notamment les enseignants. «Ce système est arrivé à sa limite», poursuit M. Saïdani, en indiquant que «c’est l’heure de l’évaluation et d’identification des dysfonctionnements». C’est dans ce contexte que le ministre de l’Enseignement supérieur Abdelbaki Benziane a souligné récemment que le système LMD est un «modèle qui est perfectible», qu’il faudra procéder à son évaluation, en impliquant l’ensemble des utilisateurs et partenaires qui nous donneront une appréciation précise pour pouvoir apporter les réponses adéquates.
Evoquant la loi d’orientation, qui date de 1999, Boualam Saïdani explique qu’elle présente un certain nombre de dysfonctionnements, notamment l’absence d’un outil de gouvernance et la non-adoption des normes de qualité de formation au niveau de l’Université.
Révisée en 2008 pour introduire le système LMD, elle n’a pas donné de résultats, dit-il, en précisant qu’on devrait, plutôt, «démarrer sur une vision pragmatique et une réforme de fond, malheureusement on a continué à faire fonctionner deux systèmes en parallèle, le LMD et le Classique». «Ce qui a donné lieu à une dilution de nos activités et un manque de visibilité par rapport à nos programmes d’enseignements», a-t-il regretté.
Il y a lieu de préciser que les étudiants ont rejoint, hier, les établissements universitaires dans des conditions exceptionnelles marquées par la propagation du nouveau coronavirus, après «la reprise des cours à distance depuis deux semaines».
Sur un autre volet, le Directeur général des enseignements et de la formation supérieure a indiqué que son département aspire à croître l’employabilité et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés universitaires, en harmonisant les formations et les diplômes universitaires, et ce, en donnant plus de visibilité à nos diplômés. «Nous voulons renforcer, dit-il, également, la relation université-entreprise, qui demeure très fragile, voire parfois inexistante», poursuit le Directeur général. Un chantier qu’il qualifie «d’extrêmement important» pour l’Université algérienne. <