Rien ne va plus à l’usine Tahkout Manufacturing Company (TMC), à Tiaret. Après plusieurs arrêts de travail observés ces dernières semaines, pour retard dans le versement de leurs salaires, les employés du site se sont retrouvés au chômage technique, confrontés à une situation qui n’augure rien de bon pour leur avenir. En effet, outre l’incarcération du propriétaire de l’usine, spécialisée dans l’assemblage de véhicules touristiques Hyundai, Mahieddine Tahkout, ainsi que ses deux frères et son fils, et le coup dur apporté à TMC à travers cette décision, les
1 400 employés de l’usine font face depuis quelques jours à une rupture des stocks de kits CKD-SKD sans lesquels leur chaîne de montage ne peut fonctionner. D’où le chômage technique qui leur a été imposé, alors que plusieurs conteneurs chargés de ces kits seraient en souffrance au port de Mostaganem. La raison de ce blocage serait due à la décision des banques partenaires du groupe Tahkout de suspendre les règlements financiers de ces importations.
Mais bien plus que la rupture des collections CKD-SKD, c’est surtout l’incarcération de quatre membres de la famille Tahkout qui a rendu la gestion de TMC, mais aussi de Cima Motors, filière commerciale du groupe, extrêmement difficiles, sachant que les autres responsables de l’entreprise, toujours en place, ne jouiraient pas juridiquement des prérogatives suffisantes pour pallier à l’absence des dirigeants et régler tous les problèmes qui pourraient surgir depuis cette incarcération, le 4 juin dernier.
Mais au-delà de l’usine TMC, à Tiaret, c’est tout le secteur de l’industrie automobile qui se trouve, depuis quelques semaines, dans la tourmente sous la menace de cessation de l’activité de montage pour le second semestre 2019, et ce suite à la mise en détention des patrons d’usine, mais surtout après la réduction des importations de kits CKD-SKD destinés à l’assemblage de véhicules touristiques décidée par le gouvernement, le mois dernier.
Pour rappel, le gouvernement a décidé de plafonner les importations de kits pour l’industrie automobile à 2 milliards de dollars pour 2019, avec un effet rétroactif, qui inclut donc près d’un milliard de dollars déjà consommé pour le compte des quatre premiers mois de l’année. Outre, la réduction des dépenses pour les kits, le ministère de l’Industrie et des Mines a décidé d’autoriser seulement 16 modèles à l’assemblage pour les quatre usines en activité, à savoir Renault Algérie Production, Sovac Production, Glovz (Kia) et Tahkout Manufacturing Company (Hyundai). Les montants octroyés à ce quatuor pour le reste de 2019 auraient été déjà consommés et la rupture de stocks serait déjà une réalité dans le cas de Sovac, dont les activités d’assemblage seraient incessamment à l’arrêt, avons-nous appris de bonne source.
Un coup dur pour le partenaire du groupe Volkswagen, et peut-être plus, pour Seat, du même groupe allemand, dont l’usine espagnole de Martorell s’est trouvée lourdement impactée par la mise en place des quotas de kits en Algérie, obligeant ses responsables à revoir à la baisse le nombre de « shift » pour le mois de juillet, a annoncé la semaine dernière la marque ibérique de VW, qui profite de ses performances sur le marché algérien pour améliorer ses chiffres de ventes.
En mai dernier, quelques jours seulement, avant la limitation des
importations de kits CKD-SKD, Seat avait décidé de mettre en place un programme de cinq jours de travail durant le mois de juillet pour répondre à la forte demande dont bénéficient l’Ibiza et l’Arona auprès de son partenaire algérien Sovac. Mais cette démarche n’ayant plus sa raison d’être aujourd’hui, elle a été donc carrément annulée.