La forte tension sur les pâtes alimentaires sèches, telle qu’enregistrée ces dernières semaines sur le marché de la consommation, provoquant une hausse sensible des prix de ces produits alimentaires de base sur les étals des détaillants, a semble-t-il poussé le gouvernement à lever la suspension de subvention sur le blé dur, matière première des minoteries.

Cela en a tout l’air car l’exécutif n’avait d’autres alternatives pour mettre fin à la pénurie que de lever la suspension, une décision prise au début du mois de septembre qui n’avait pas été du goût des gros producteurs au point où ces derniers ont envisagé de réduire de moitié leur production. C’est ce qu’ils n’ont pas tardé à mettre en exécution. Entraînant ainsi un déséquilibre entre l’offre et la demande dans le marché des pâtes alimentaires sèches. En somme, il ne serait pas erroné de dire que les minotiers ont pesé de tout leur poids pour inciter le gouvernement à remettre en place la subvention sur le blé dur dont les producteurs de pâtes ont bénéficié jusqu’ici. Toujours dans ce même ordre d’idées, il y a lieu de rappeler que les minotiers se sont vus auparavant interdits d’exporter leur production de pâtes alimentaires. Le gouvernement invoquant que la production exportée est faite à partir de blé subventionné et donc jugeant que cela ne pouvait se poursuivre. Ce que d’ailleurs les économistes du pays qualifient de procédé «illégal». Ce sont donc deux tours de vis auxquels ont eu droit les minotiers mais c’est le second qui, selon eux, les a le plus pénalisés, semble-t-il. Il est tout à fait clair que les gros producteurs, c’est-à-dire ceux qui détiennent des parts de marché importantes, ont vite réalisé qu’à travers la suspension de la subvention sur le blé dur, c’est leurs bénéfices qui allaient diminuer. «Devant cette situation, ils doivent procéder à des réajustements à la hausse de leur prix sortie de leur unité de production. Où de réduire leur production d’au moins de moitié afin que l’écart des bénéfices réalisés ne soit pas trop élevé», a-t-on appris de sources proches du dossier. Dans ce sillage, il importe de savoir que la décision initiale de suspendre la subvention sur le blé dur servant à la production de pâtes alimentaires sèches a été prise en vertu d’un décret exécutif portant référence 20-241 du 20 août 2020, paru au Journal officiel. Et où il est stipulé que les opérateurs concernés auront un délai de trois mois pour se conformer à cette nouvelle mesure. Mais au vu de l’arrêt des chaînes de production, notamment chez les gros producteurs, on peut déduire que les minotiers ont ainsi affiché leur désir de ne pas se conformer à la nouvelle mesure. Ce qui laisse supposer que le gouvernement a pris conscience que la levée de la suspension de la subvention devenait la solution la plus appropriée pour que la pénurie s’estompe. Concernant la première décision de suspendre la subvention sur le blé dur, il y a lieu de savoir qu’elle n’est pas fortuite mais répond beaucoup plus à mettre fin à certaines dérives sur le blé dur subventionné. En effet, dès lors où les producteurs de pâtes alimentaires n’étaient soumis à aucun quota d’approvisionnement auprès de l’OAIC, certains ne se privaient pas de passer commandes au-delà de leur capacité de production. Une pratique qui a fait jaser que certains patrons de minoterie revendaient en l’état leur surplus de matière première alimentant ainsi le marché informel au grand détriment des caisses de l’Etat. En clair, les subventions de l’Etat profitaient à des indus bénéficiaires. Une dérive à laquelle il devenait urgent de mettre fin. Ce que l’Etat a décidé. Cela dit, il faut espérer que la levée de la suspension de la subvention sur le blé dur se traduise sur le terrain par une reprise de la totalité des chaînes de production dans l’intérêt supérieur du consommateur et à un degré moindre des producteurs. <