Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a affirmé la volonté de l’Etat à soutenir la culture et à se focaliser sur les dossiers urgents du secteur culturel pour cette année, partant de la volonté d’encourager l’ouverture sur la culture mondiale et la dynamisation de l’activité théâtrale.

Ceci tant dans les écoles pour préserver la personnalité de l’enfant qu’à travers l’invitation de la diaspora à constituer des associations théâtrales pour donner des représentations en Algérie afin de raffermir leurs liens à la patrie.
Concernant le dossier épineux du septième art en Algérie, dont le chef de l’Etat en fait une priorité, pour la relance de l’industrie cinématographique, des encouragements seront mis en place pour l’investissement dans les studios de production en octroyant toutes les mesures incitatives aux professionnels, notamment le foncier et les crédits bancaires. L’objectif par ces mesures incitatives est de diversifier la production cinématographique pour qu’« elle contribue au renforcement du patriotisme des Algériens et du sentiment de fierté à l’égard de l’Algérie et de son histoire, toute entière », déclare le Président de la République qui a aussi appelé à orienter le cinéma commercial vers le rayonnement culturel de l’Algérie à l’échelle mondiale en tant que meilleur moyen face à l’invasion culturelle.
Le Conseil des ministres a écouté et approuvé un exposé présenté par la ministre de la Culture, Malika Bendouda, sur le développement du secteur de la culture et de l’industrie cinématographique. L’exposé propose une stratégie de son développement pour la période 2020-2024 en collaboration avec plusieurs autres départements ministériels. Trois axes majeurs ressortent de cette stratégie, l’éducation à l’art à travers le théâtre, la relance d’une industrie cinématographique et la valorisation des sites archéologiques et du tourisme culturel.
Concernant le premier volet de cette stratégie, la ministre de la Culture a souligné que l’éducation à apprécier l’art et la pensée passe par l’impulsion de l’intérêt au théâtre de l’enfant, notamment en instituant un Prix national de théâtre à célébrer annuellement à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance. Malika Bendouda a également proposé dans le cadre de cette stratégie la restructuration des théâtres régionaux et du lancement de petits théâtres communaux ainsi que le perfectionnement des formateurs et encadreurs.
Concernant le deuxième axe qui se concentre sur le lancement de l’industrie cinématographique, il a été question lors de cet exposé de la création d’une dynamique de diffusion de longs métrages disponibles au ministère de la Culture dans les salles de cinéma tout en assurant la régularisation définitive de la situation des salles de cinéma sous tutelle des collectivités locales, dont la plupart sont hors service. La ministre a également suggéré l’augmentation de la production cinématographique à 20 films par an et a proposé des exonérations fiscales et parafiscales en faveur des professionnels du secteur, tout en appelant à la création d’un centre cinématographique national.
Quant au troisième axe de cette stratégie développée sur quatre ans, Malika Bendouda, en tant que premier responsable du secteur, a mis en relief les différents moyens mis en œuvre pour la valorisation des sites archéologiques et la promotion du tourisme culturel. Il est à noter que la ministre de la Culture a déjà donné des directives dans ce sens notamment dans la wilaya de Tébessa secouée ces dernières semaines par des atteintes aux sites archéologiques qui a incité la ministre à se déplacer au niveau de la wilaya pour renforcer la préservation et la protection des lieux historiques.
Au final, la ministre de la Culture a précisé que la concrétisation de cette stratégie implique la révision du cadre législatif, administratif, structurel et de services de la production culturelle et une coordination intersectorielle avec les autres membres du gouvernement.