Ce chantier de rattrapage des retards accumulés en termes de raccordement sont destinés à impulser la production agricole et industrielle à travers de nouveaux périmètres agricoles et de nouvelles unités industrielles dont la mise en service est bloquée par cette difficulté et partant à favoriser la création d’emplois et le développement économique local.

Le programme de raccordement des nouvelles exploitations agricoles et des nouvelles unités industrielles à l’électricité et au gaz à l’intérieur et au sud du pays connaît des difficultés ces dernières années. Plusieurs opérateurs et investisseurs dans l’exploitation de périmètres agricole et la réalisation de nouvelles usines se plaignent de lenteurs bureaucratiques concernant le raccordement de ces espaces économiques au gaz et à l’électricité privant le pays d’une offre agricole et industrielle plus importante et plus diversifiée. En vue d’accélérer ce programme, où figurent des projets inscrits au niveau des wilayas à fort impact sur le développement local, destiné à renforcer la production et résorber le chômage et pour surmonter ces difficultés, le dossier a été examiné avant-hier en Conseil des ministres. Le nouveau ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a présenté en ce sens un exposé sur la situation du raccordement des zones industrielles, des périmètres agricoles et autres investissements au réseau électrique et gaz. «Concernant l’état des lieux, il existe, lit-on dans le communiqué officiel, 2 726 demandes de raccordement de périmètres agricoles au réseau électrique, la majorité au sud du pays, dont 1 010 opérations ont été réalisées, le reste en attente de mise en service, en cours de réalisation, en attente de règlement des coûts par l’opérateur, ou en cours d’examen. Le programme global de raccordement à l’électricité et au gaz comprend 50 zones industrielles sachant que 44 sont gérées par la wilaya et 6 par l’Agence nationale d’intermédiation et régulation foncière (Aniref). Une situation qui a engendré des contraintes nécessitant un réexamen du mode de fonctionnement de ces espaces. S’agissant du raccordement à l’électricité et du gaz des investisseurs se trouvant en dehors des zones industrielles, il est enregistré sur un total de 8 818 projets d’investissement 854 demandes de raccordement à l’électricité et 234 autres au gaz». Plusieurs freins s’opposent à l’avancée de ce programme, lit-on dans le communiqué rendu public à l’issue du Conseil des ministres de dimanche dernier, cité par l’APS. Le texte cite en tête de ces contraintes, l’absence des passages pour les réseaux électriques, la non-conformité de la liste des bénéficiaires avec les personnes sur le terrain, la répartition des enveloppes financières avant la réalisation des études, des dysfonctionnements qui appellent à être corrigés très rapidement.

Pratiques bureaucratiques
Après cette présentation, le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a rappelé les précédentes instructions appelant au parachèvement immédiat des raccordements à l’électricité et au gaz notamment dans le Sud afin de libérer les énergies gelées dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture, créer des postes d’emplois à même de renforcer la production et la résorption du chômage. Il a exprimé de nouveau son refus des pratiques bureaucratiques qui privent les citoyens producteurs notamment dans le monde de l’agriculture du raccordement au réseau électrique pour ensuite leur mette la pression pour le remboursement des crédits dans les délais. Le chef de l’Etat dans la foulée a donné des instructions pour faciliter les remboursements dans l’attente de l’entrée en production des périmètres agricoles et industriels concernés par le raccordement au gaz et à l’électricité. Il a ordonné, en outre, l’élargissement des raccordements aux zones d’activités dans les wilayas intérieures au profit des artisans notamment dans le Sud et dans les nouvelles agglomérations.

Généralisation de l’éclairage public à l’énergie solaire
L’exposé du ministre de l’Energie ne fournit pas néanmoins le coût de ce chantier de rattrapage en matière de raccordement au gaz et l’électricité des nouveaux périmètres agricoles et des nouvelles unités industrielles qui retardent leur mise en service. Il ne nous dit pas comment sera financé le parachèvement de ce programme. Et les instructions du chef de l’Etat ne font mention ni de la nécessité de fixer des priorités dans ce programme global de raccordement et des échéances dans la mise en oeuvre de ce plan de rattrapage ni de l’impératif d’une réduction des coûts de ces raccordements.
Par ailleurs, le Président de la République a instruit le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables de focaliser son programme sur les opérations de production des énergies renouvelables à même d’être concrétisées sur le terrain et de choisir les wilayas pilotes pour l’élargissement de l’expérience de la transition énergétique, à commencer par la généralisation de l’éclairage public à l’énergie solaire dans tout le pays. Quant au ministre des Mines, Mohamed Arkab, il a été appelé par le chef de l’Etat à accélérer, par voie de presse, le recrutement d’ingénieurs et d’experts dont seront constitués les équipes en charge de la gestion du département de façon à lui conférer un rôle axial dans le cycle économique, à commencer par le recensement précis de toutes nos richesses minières, en perspective de leur exploitation en vue d’alléger la dépendance aux hydrocarbures et créer de la richesse et des emplois.
Ce chantier d’exploitation de toutes nos richesses minières demandera, quitte à le rappeler, du temps. De la confirmation du potentiel minier à travers les travaux d’exploration à leur exploitation, avec comme préalable important les études de faisabilité technico-économiques qui doivent démontrer la rentabilité des projets de développement. Tout cela nécessite non seulement le recours à l’expertise locale mais également au partenariat avec les bureaux d’études et les compagnies minières étrangères. Ce n’est pas une mince affaire. <