de Ghardaïa O. Yazid
Interpellé dimanche devant son lieu de travail, dans le quartier de Salem Ouaïssa, commune de Ghardaïa, et après 48 heures passées dans les locaux de la police judiciaire de la Sûreté de wilaya de Ghardaïa, il a été présenté, hier soir, devant le procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa qui l’a déféré devant le magistrat instructeur. Après les avoir longuement entendus, lui et son compagnon Aouf Hadj Brahim, le juge d’instruction les a placés sous mandat de dépôt pour des accusations très graves, à savoir atteinte à la sécurité nationale, incitation à la violence raciale, incitation à attroupement armé, outrage aux institutions de l’Etat, notamment le corps de la justice. Ils ont été écroués à la prison de Chaâbet Ennichène de Ghardaïa. A signaler que Kamel Eddine Fekhar, poursuit la grève de la faim, qu’il a entamée dimanche, jour de son arrestation. Pour rappel, le docteur Kamel Eddine Fekhar a été libéré à la mi-juillet 2017 de la prison de Médéa, après avoir purgé une peine de deux ans de prison. Arrêté durant la nuit du jeudi 9 juillet 2015, soit deux jours après les sanglants affrontements du 7 juillet 2015 à Guerrara, où 22 personnes, en majorité des Mozabites, ont été tuées, il a été condamné à deux ans de prison ferme pour «atteinte à la sûreté de l’Etat» et «incitation à la haine raciale ». Ce n’est qu’après 23 mois passés en prison et après avoir entamé, en janvier 2017, une longue grève de la faim pour dénoncer sa détention sans procès, que son dossier judiciaire se décanta. Après une grande mobilisation et une campagne de solidarité en sa faveur, dont une longue marche entamée par son avocat, Maître Debouz, Kamel-Eddine Fekhar avait décidé de suspendre sa grève de la faim, en avril de la même année. Son procès a eu lieu le mois d’après, en mai 2017. Ayant totalement purgé sa peine de deux années ferme, il a été remis en liberté le dimanche 16 juillet 2017. Il a, alors, repris son activité de médecin, cette noble profession qui consiste à se mettre au service des malades et porter aide et assistance à l’humanité souffrante, tel qu’énoncé dans le serment d’Hippocrate.