«La demande mondiale pour le gaz naturel augmentera de 35% à l’horizon 2040», a indiqué le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, dans son intervention, lors d’une conférence consacrée au gaz naturel et à la sécurité énergétique à long terme, à l’occasion du Symposium spécial organisé par le Forum des pays

exportateurs de gaz (Gas Exporting Countries Forum) (GECF), qui s’est tenu mardi dernier à Port d’Espagne (Trinité-et-Tobago). De ce fait, selon Guitouni, repris par l’APS, les pays membres du GEFC sont appelés à relever conjointement deux défis principaux : «Premier défi : satisfaire la demande d’énergie d’une population mondiale qui passera de 7,3 milliards d’habitants en 2015 à 9,2 milliards en 2040, vivant principalement dans les pays en développement et en milieux de plus en plus urbains. Le second :satisfaire une demande d’énergie primaire qui augmentera, selon des prévisions, de plus du tiers (35%) en 2040, en raison d’une économie mondiale qui doublera de taille à l’horizon 2040, et en dépit des améliorations de l’intensité énergétique du fait du progrès technologique, des politiques favorisant l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la transition de la structure de l’économie mondiale vers le secteur des services moins énergivores». Toujours dans ce même ordre d’idées, Guitouni a estimé que le gaz naturel pourrait jouer un «rôle primordial» pour faire face aux problématiques du développement durable et du réchauffement climatique. «Ce sont les avantages et les qualités indéniables du gaz qui le qualifient d’énergie prioritaire pour assurer la sécurité énergétique à long terme.»En outre, lors de son intervention, le ministre a évoqué plusieurs contraintes parmi lesquelles «trois qui ralentissent l’expansion du gaz naturel en dépit de tous ses avantages et qualités», a-t-il fait remarquer, à savoir «les dangers de la désinformation autour du gaz naturel qui influence encore très négativement l’opinion publique, en raison de la compétition qu’il subit sur tous les fronts. La problématique de l’investissement en rapport avec les politiques mises en œuvre dans le secteur de l’électricité dans certaines régions du monde et qui ont eu des effets pervers sur les industries gazières». Concernant la troisième contrainte, pour le ministre «la tarification a été associée à un marché du carbone peu performant, cela a eu pour effet pervers de favoriser le charbon au détriment du gaz naturel». Ajoutant que «les effets de ces politiques sont aujourd’hui en contradiction avec les objectifs environnementaux et ne correspondent pas aux nécessités d’investissement pour sécuriser les approvisionnements à long terme». Le ministre a alerté sur les changements profonds dans les structures du marché mondial du gaz affectées «par la concurrence qui ne répond plus à la logique de la sécurité et de la fiabilité mais à une autre logique de l’opportunité». Il a, par ailleurs, relevé «le potentiel important d’amélioration des performances techniques du gaz naturel, depuis la production jusqu’au consommateur final, y compris en matière de réduction des émissions, qu’il convient d’investir de manière soutenue». A ce titre, Guitouni a salué le travail du GECF en faveur de la concrétisation de la feuille de route pour implémenter l’institut de recherche du gaz en Algérie. Il a également rappelé que la tenue de la première réunion du comité scientifique de cet institut est prévue à Alger au courant du premier trimestre 2019. Abordant les efforts de l’Algérie au sein du GECF, Guitouni a rappelé les actions menées en faveur de la promotion du gaz et du dialogue entre les pays producteurs et consommateurs. «Nous avons toujours œuvré, chaque fois que possible, en faveur d’une démarche qui favorise et les consommateurs et les producteurs, et notre action au sein des différentes organisations, à l’instar de l’Opep le prouve. C’est l’esprit de dialogue et de concertation qui a animé le président Abdelaziz Bouteflika, qui a permis de faire aboutir un accord, qualifié par beaucoup d’observateurs d’historique, pour la stabilisation du marchépétrolier dans une logique de vision à long terme de sécurité énergétiqueet de prospérité partagée», a conclu le ministre.