Le juge du pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption près le Tribunal de Sidi-M’hamed (Alger) a décidé, hier, de reporter au 10 juillet, le procès du magnat de l’immobilier Kamel Chikhi, connu sous le sobriquet « el bouchi », dans l’affaire des conservateurs fonciers. Il s’agit d’un troisième report qui pose bien des interrogations. Pour preuve, la décision de report a provoqué une huée des autres accusés et de leurs familles, visiblement impatients d’en finir avec le procès qui n’a fait que trop durer, ont-ils dénoncé.
« L’affaire a été déjà reportée à deux reprises. Toutes les conditions ont été réunies pour l’entame du procès. Les avocats sont prêts, les accusés aussi, mais l’un des avocats est gravement malade. Il souhaite être présent le jour du procès pour défendre son client. Même souhait formulé par l’accusé qui a droit à ce que son avocat soit là le jour de l’audience », a dit le juge à l’adresse des concernés.
Pressentant une réaction de la part des accusés et de leurs familles, le juge tenta un effort de pédagogie dans sa communication en déclarant « comprendre » l’impatience des concernés. Peine perdue, il n’a pas échappé aux critiques des présents qui se sont plaints d’un énième report, ainsi que de la longue « durée de la détention préventive » des prévenus. « Inacceptable traitement », s’indignent les concernés. La tension était montée d’un cran et les familles des accusés ont haussé le ton en signe de contestation de la décision prise par le juge. Sous les huées, le juge a dû se montrer plus ferme en demandant aux policiers de chasser ou de vider carrément la salle d’audience. Contrairement aux accusés, et leurs familles, les avocats de la défense se sont montrés « plus patients et très indulgents ». « Il n’y a qu’une semaine qui nous sépare du procès.
On n’a qu’à patienter encore », dit Fatah Touati, membre du collectif de défense du promoteur immobilier. Il faut rappeler que le même Tribunal avait décidé, les 22 mai et 19 juin derniers, de reporter le procès de cette affaire liée aux documents, livrets fonciers et actes de propriété relatifs à la société de « Kamel el Bouchi ».
Le prévenu Kamel Chikhi, en détention provisoire avec 12 autres accusés, est poursuivi dans 4 affaires, dont celle de trafic de cocaïne qui « n’est pas encore enrôlée », selon une source judiciaire. Sa famille a, à deux reprises, interpellé le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah pour l’ouverture du procès sur l’affaire de la cocaïne.
« Le vice-ministre de la Défense a promis d’ouvrir ce dossier, à la mi-avril dernier, mais sans que cela ne se concrétise sur le terrain », regrettent les familles des accusés dans le procès el Bouchi. n