Le procès d’Ali Haddad, patron de l’Etrhb, qui devait se tenir hier au Tribunal correctionnel de Bir-Mourad Raïs a été reporté au 3 juin prochain. Motif : absence de témoins. Si le suspense entretenu quant à la comparution de l’ancien président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) ou pas s’est vite dissipé en annonçant la présence sur les lieux du premier accusé, le procès, en lui-même, a été renvoyé. Alors que les présents guettaient une information affirmant la tenue du procès, c’est plutôt un geste d’un policier qui apportera une réponse à l’attente et aux interrogations des présents. Au moment où les regards des uns et des autres semblaient se perdre, un policier est allé chuchoter à l’oreille du juge lui annonçant la présence du richissime homme d’affaires derrière la porte d’entrée et que le la est donné. C’est à ce moment qu’Ali Haddad fait son entrée. Il était entouré d’un nombre important de policiers, tandis que d’autres scrutaient l’assistance et veillaient à ce que personne ne prenne un appareil pour immortaliser la scène.
D’un pas nonchalant, le patron de l’Etrhb se dirige en compagnie d’un deuxième accusé devant le pupitre. Le juge qui s’est contenté de demander la date de naissance des deux accusés et a renvoyé, illico presto, au 3 juin prochain la plaidoirie après avoir constaté l’absence de témoins, alors que le collectif composé d’une dizaine d’avocats qui s’apprêtaient à démontrer l’innocence de leur client n’ont pas prononcé le moindre mot.
Ils ont quitté la salle dès que le juge a prononcé la sentence « contraint » de différer le procès prévu désormais la veille de la célébration de la fête de l’Aïd.
Bourayou : « Les procédures n’ont pas été respectées»
Pour Maître Khaled Bourayou, membre du collectif de défense d’Ali Haddad, son client n’a pas eu droit à un « procès équitable » et les procédures n’ont pas été respectées. Ce dernier s’indigne du fait que son client soit poursuivi dans « deux affaires distinctes par deux parquets différents». « Ali Haddad a été entendu jeudi dernier au tribunal de Sidi M’hamed sur des dossiers liés à la corruption. Aujourd’hui, il comparaît pour une affaire de faux et usage de faux », dénonce l’avocat qui trouve « judicieux d’enquêter avec son client dans l’affaire liée à la corruption qu’après avoir terminé avec la première affaire ». Il regrette, dans ce sens, que le Parquet de Sidi M’hamed n’a pas permis aux avocats d’étudier le dossier et de préparer leur plaidoirie. Pour lui, « les autorités judiciaires auraient pu attendre que le dossier sur la première affaire soit clos avant d’ouvrir une deuxième enquête sur une autre affaire », poursuit, catégorique, Me Bourayou. « L’affaire d’aujourd’hui est banale et les accusations qui lui sont adressées sont sans fondement », martèle Me Bourayou. « C’est une anomalie de poursuivre un homme d’affaires pour possession d’un passeport », dit l’avocat qui, implicitement, prévoit que l’affaire de la corruption sera fatale pour l’ancien patron du FCE. « L’affaire d’aujourd’hui a perdu toute son importance devant la deuxième affaire liée à la corruption. S’il se tire de l’accusation de faux et usage de faux, celle liée à la corruption lui porterait un coup fatal », dit l’avocat qui insinue que son client est dans une situation embarrassante.
Pour précision, les accusations « faux et usage de faux » sont des actes prévus et punis par les articles 222 et 223 du code pénal. Il est passible d’une peine d’emprisonnement de six (6) mois à trois (3) ans et d’une amende de 1 500 à 15 000 DA, stipule l’article 222. Quant à l’article 223, il prévoit une peine d’emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de 500 à 5 000 DA. Pour rappel, Ali Haddad avait comparu, le 3 avril dernier, devant le juge d’instruction près du même tribunal, lequel avait ordonné son placement en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire d’El Harrach. M. Haddad avait été arrêté le 28 mars dernier, au poste frontalier d’Oum Teboul (El Tarf), alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national en direction de la Tunisie, en possession de deux passeports, deux permis de conduire et d’un montant en devises.<