Le plan d’action du gouvernement, adopté récemment en Conseil des ministres, est dorénavant entre les mains du Parlement. Les députés ont ainsi commencé à examiner la copie de l’équipe de Aïmene Benabderrahmane. Il s’agit de la première mission d’une Assemblée résultant des dernières élections législatives, qui se sont déroulées le 12 juin dernier. Près de trois mois plus tard, les élus vont enfin sortir de leur tanière.
Une période durant laquelle l’Algérie a vécu -à ce jour d’ailleurs, de nombreux soubresauts avec une multitude de problèmes et de crises, mais les députés avaient surtout brillé par leur absence. Par leur inaction -qui est en réalité une action de désengagement-, ceux qui sont officiellement présentés comme les représentants du peuple ont raté une occasion de faire oublier le manque de crédibilité qu’ils traînent depuis le premier jour (23,02% comme taux de participation). La solidarité nationale qui s’est matérialisée pour faire face au manque de concentrateurs d’oxygène, et aux derniers incendies, n’a pas réussi à faire bouger les députés. Ces derniers étaient par contre au complet, jeudi dernier, lors de l’ouverture de la session d’automne du Parlement. C’est comme si, ces élus n’avaient des comptes à rendre qu’au gouvernement !
Le plan d’action du gouvernement en main, les députés vont commencer à faire leur show. D’emblée, le même schéma des anciennes législatures s’annonce. Ils travailleront sur une série de projets de loi en se basant sur trois verbes, débattre, revoir et enrichir. Encore une fois, aucun «produit» émanant de l’Hémicycle n’est prévu. Les députés vont encore une fois conforter leur image de collaborateurs du gouvernement au lieu de représentants du peuple. D’ailleurs, le gouvernement de Aïmene Benabderrahmane risque-t-il, même un peu, de voir son plan désavoué ? Sauf miracle, tout indique que la réponse est négative.
Le changement de l’image de l’APN attendra. Toutefois, la seule nouveauté concrète, que les élus ont découvert jeudi passé, c’est l’installation de perches collectives au lieu des micros individuels. Les députés seront ainsi obligés de se lever pour prendre la parole. En attendant mieux, c’est déjà une nouvelle posture.