A quelques jours de la rentrée universitaire 2020-21, la « réunion périodique du Conseil des ministres », tenue dimanche par visioconférence et présidée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a largement été marquée par l’examen du dossier de la réforme du système universitaire. Le président de la République a en ce sens instruit le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane, à initier des réformes « structurelles profondes » dans les plus brefs délais et « dans la concertation la plus large possible ».
Ainsi, il s’agira notamment, selon le communiqué du Conseil des ministres, d’une refonte des conditions d’accès à la poste graduation. Le président Abdelmadjid Tebboune a fait savoir que l’objectif était ici « d’ouvrir la formation pour le master et le doctorat à tous les étudiants qui le souhaitent, sans sélection préalable ». Une mesure qui sera, par ailleurs, accompagnée par le développement de dispositifs d’enseignement à distance, à condition, toutefois, qu’ils soient basés sur des « moyens technologiques et satellitaires nationaux ». Un moyen également de raccorder l’Université à l’économie réelle, la réunion a ainsi été l’occasion pour le Président de la République d’insister sur le besoin de faire de la ville de Sidi Abdallah « un pôle exclusif de technologie », tout en soulignant l’importance du « développement du système des grandes écoles à travers le pays ». Réformes qui viseront par ailleurs à « la rationalisation des dépenses et l’amélioration des prestations fournies aux étudiants » ; deux chantiers de taille ont été ouverts dimanche abordant les questions de l’hébergement et du transport des étudiants. La voie choisie pour ce dernier point est ainsi une « révision du dispositif de transport universitaire » afin d’éviter à l’avenir « les situations de monopole » et « favoriser le jeu de la concurrence ».
La réunion périodique du Conseil des ministres a également abordé l’achèvement de l’année universitaire 2019-20 et les préparatifs de la rentrée prochaine dans un contexte de pandémie. Le président de la République a ainsi demandé que les mesures concernant les deux années soient « séparées ». Le prochain Conseil des ministres devra à ce titre examiner « le besoin d’étaler dans le temps le retour aux cours en tenant compte des impératifs liés aux conditions sanitaires et de leur évolution sur le terrain ».
Quant à la question de l’organisation de l’université et de son rapport à la tutelle, l’accent a été mis sur « le besoin de leur autonomisation et de leur ouverture sur le monde ». Des mesures qui permettraient aux universités du pays « de développer des échanges d’enseignants et d’étudiants dans le cadre d’opérations de jumelage avec leurs homologues étrangères et de coopérations mutuellement bénéfiques ». Pour rappel, cette volonté de donner plus d’autonomie aux responsables d’université avait été exprimée dernièrement par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le cadre du dispositif de lutte contre la pandémie de coronavirus. Abdelbaki Benziane avait ainsi expliqué que la nouvelle approche de son secteur consacrerait « davantage le principe de la décentralisation dans les actes de gestion et favoriserait la flexibilité dans la gestion des imprévus soulevés au niveau local ».
N. K.