« Algérie Télécom connaît, depuis plusieurs années, des difficultés dues à une gestion portée sur l’administrative aux dépens de l’aspect commercial », a tenu à indiquer la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication Houda-Imane Feraoun lors de son intervention, hier, sur les ondes de la Radio nationale.

« Mais grâce aux réformes entreprises depuis 2015 et aux nouvelles équipes dirigeantes, la balance commerciale est devenue positive », a-t-elle annoncé. Cela a permis à l’entreprise publique de générer 700 milliards de dinars de chiffre d’affaires en 2015 et quasiment 800 milliards en 2016, selon la ministre.
Dans un secteur considéré par le gouvernement comme transversal, « porteur de valeur ajoutée et créateur de richesse », les réformes battent leur plein pour rattraper le retard que connaît l’Algérie en termes de technologies et de législation du secteur des télécommunications.
Par ailleurs, et pour permettre aux Algériens de profiter pleinement de l’Internet fixe, « il a été procédé à des ajustements de la Constitution pour empêcher le monopole d’Algérie Télécom sur le marché et ainsi permettre une baisse des prix en faveur du consommateur », a indiqué Feraoun.
Elle a également appelé les PME algériennes à intégrer ce processus d’ouverture du marché de l’offre d’Internet, tout en précisant qu’il n’y aurait pas d’ouverture du capital de l’entreprise publique ou de ses filiales malgré les sollicitations en Algérie et à l’étranger. La ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication a appelé à une meilleure maîtrise des technologies afin de les rendre plus rentables mais aussi pour les utiliser à leur pleine mesure. « Algérie Télécom a investi en devises pour acquérir la fibre optique de haut et de très haut débit jusqu’à 100 mbits. Il faut maîtriser la technologie et non pas se contenter de l’acquérir », a-t-elle insisté après avoir rappelé que le très haut débit sera étendu à tout le territoire national après avoir été lancé dans le cadre du projet pilote de la cité de Sidi Abdallah.
Quant au satellite algérien Alcomsat1, que lancera l’Agence spatiale algérienne (ASAL) au cours de l’année, celui-ci aura notamment pour fonctions non pas de couvrir le Sud algérien seulement, mais bien tout le territoire national, selon Houda-Imane Feraoun. Ceci a pour but de « sécuriser tous les réseaux de télécommunication.
Même si on ne peut pas se passer de la fibre optique, le satellite permet en cas de coupure nationale ou internationale de maintenir le fonctionnement des réseaux », a indiqué la ministre. Concernant le secteur bancaire et plus précisément l’état de service des distributeurs automatiques de billets (DAB) régulièrement hors service ou en manque de liquidités, Algérie Poste s’est dotée de 600 nouveaux distributeurs – de technologie plus récente – en 2016, dont plus de 500 sont déjà en service, selon la ministre. En 2017, ce sont plus de 400 installations qui seront mises en service pour le retrait de billets. « Les problèmes de manque de liquidités au niveau des DAB ont diminué d’au moins 60% en 2016 et seront éliminés courant 2017 », a promis la ministre. Ajoutant que la modernisation de tous les services d’Algérie Poste nécessitait du temps.
Concernant les cartes de retrait, les anciens modèles seront en service tant que les clients n’auront pas obtenu la nouvelle carte « edahabia » qui leur permettra à terme non seulement de régler leurs achats au niveau des commerces mais aussi sur Internet lorsque la législation « assurera les droits du consommateur pour le e-commerce ». Enfin, répondant à l’une des préoccupations majeures des utilisateurs de l’internet mobile, la ministre a appelé les opérateurs de télécom de supporter l’augmentation des taxes imposées par la loi de finances 2017 et non de la répercuter sur les clients. « L’investissement pour passer de la 3G à la 4G n’est pas si onéreux et les conditions imposées par les autorités sont de 10% de couverture minimum par wilaya pour que l’opérateur téléphonique exploite la 4G, alors qu’elles sont de l’ordre de 90% pour la 3G », a tenu à préciser l’invitée de la Radio nationale.