L’Algérie n’est pas une île. Une phrase qui semble évidente pour tout le monde, mais qu’il faudra bien se répéter à chaque tentative de compréhension de ce qui se passe sur la scène intérieure. L’occasion de se le rappeler a été donnée avant-hier par la sortie médiatique du président Tebboune. Durant son intervention, le Chef de l’Etat a évoqué quasiment tous les pays frontaliers avec l’Algérie. Seule la Mauritanie n’a pas été citée.
Le sujet est très important pour montrer que la stabilité interne est liée à celle de toute la région autour. Même si la fameuse «main étrangère» est toujours mal «vendue», il est indéniable qu’elle est loin d’être «fantomatique». Les exemples pullulent à travers l’histoire, ancienne et récente. Ainsi, l’implication officielle de l’Algérie dans ce qui se passe autour est une des nombreuses formes de défense des intérêts du pays. Pour le Maroc, la rupture est claire, et les dernières décisions prises par Alger définissent avec netteté la position officielle. Concernant la Libye, le président s’est longuement étalé sur le processus électoral prévu pour les prochains mois. Le soutien algérien à ce programme (les législatives et la présidentielle) est indéniable. Pour la Tunisie, engluée dans une grave crise interne, Tebboune a affiché son soutien au président Kaïs Saïed qui subit de plus en plus des pressions de la part de quelques pays occidentaux et des monarchies du Golfe depuis qu’il a ouvertement déclaré la guerre aux Frères musulmans.
Le Mali n’a pas été oublié par le président dans son intervention d’avant-hier. D’ailleurs, il a mis en avant un point important, celui du projet de sécession du pays. Le pays restera uni, et il n’y aura pas le nord et le sud. Tebboune l’a rappelé et ainsi clarifié la position de l’Algérie par rapport à ce «projet» dont les dessous dépassent de loin les frontières du voisin du Sud.
L’instance du Chef de l’Etat de ne «jamais» abriter de bases militaires étrangères sur le sol algérien rentre dans le cadre du positionnement actuel de l’Etat.