Lors de son intervention, il y a quelques jours, à l’ouverture de la « Conférence nationale
sur le plan de relance pour une économie nouvelle », le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune a déclaré que son gouvernement prévoyait de porter à 5 milliards de dollars la valeur
des exportations hors hydrocarbures.

Durant l’exercice 2019, l’Algérie a exporté pour 2,58 milliards de dollars de produits hors hydrocarbures, marquant une baisse de 11,80% par rapport aux résultats de l’année précédente. Une part de 72,69% des exportations hors hydrocarbures a été réalisée par le top five sur les 1 468 exportateurs, ce qui veut dire que l’essentiel des produits exportés est le résultat de quelques entreprises qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Les statistiques de l’administration douanière montrent que pour l’année 2019, les principaux produits hors hydrocarbures exportés durant l’année 2019 sont constitués essentiellement par le groupe « demi-produits » qui enregistre une valeur globale de 1,96 milliard de dollars. Il s’agit de produits dérivés du pétrole, dont les engrais minéraux ou chimiques azotés, des huiles et autres produits provenant de la distillation des goudrons et de l’ammoniac. Le groupe « biens alimentaires » vient en deuxième position avec une valeur de 407,86 millions de dollars, suivi par le groupe « produits bruts » avec une valeur de 95,95 millions de dollars et, enfin, les groupes « biens d’équipements industriels », « biens de consommations non alimentaires » et « biens d’équipements agricoles » ayant enregistré des valeurs respectives de 82,97, 36,42 et de 0,25 millions de dollars. Une lecture à froid de ces statistiques fait ressortir la prédominance des dérivés du pétrole dans la structure des exportations hors hydrocarbures, ce qui fait que la valeur à l’exportation de ce groupe de produits dépend non seulement des capacités de production du pays, mais aussi des prix des hydrocarbures qui représentent la matière première principale. Ces statistiques font ressortir également la faiblesse des exportations des biens de consommation alimentaires, industriels et agricoles. Dans le top cinq des exportations hors hydrocarbures figurent également les sucres de canne ou de betterave, même si leur part dans les 72,69% des exportations réalisées par le top five est négligeable. Cela dénote ainsi de la difficulté de relever la part des exportations hors hydrocarbures dans la structure globale des exportations de l’Algérie. Mais l’objectif de porter la valeur des exportations hors hydrocarbures à 5 milliards de dollars l’année prochaine, contre 2,58 milliards de dollars en 2019, reste tout à fait réalisable à en croire certains professionnels exerçant dans l’export, pour peu que les pouvoirs publics lèvent les écueils qui se dressent sur le chemin des exportateurs. Il s’agit, primo, de mettre en place une stratégie à l’export ciblant plus particulièrement le marché africain, conclure des accords commerciaux avec les zones économiques et promouvoir les produits et les investissements algériens à l’étranger. Secundo, et au plan pratique, il est question de réviser le règlement 14/04 de la banque centrale qui bloque les investissements des opérateurs algériens à l’étranger, d’accompagner les exportateurs par un consortium de banques et d’assureurs, mettre en place des zones franches aux frontières sud du pays, la création de sociétés de transport maritime et aérien de marchandises et le développement de la transsaharienne en vue de sa rentabilisation, doter les ambassades algériennes de services spécialisés dans la promotion et le lobbying en faveur du produit et de l’exportateur algérien. Ce sont en somme les solutions pratiques que suggèrent les exportateurs algériens aux fins de rehausser les volumes et la valeur des exportations hors hydrocarbures et la porter ainsi à 5 milliards de dollars comme cela a été annoncé par le président Tebboune.