Après avoir entamé une remontée en matinée, les cours du pétrole accéléraient dans cette tendance dans l’après-midi, sous l’effet d’une information en provenance de la réunion de l’Opep+ faisant état d’un accord trouvé entre l’Arabie saoudite et la Russie pour la reconduction en février des coupes opérées par l’alliance.
Dans l’après-midi, le baril de brut de la mer du Nord pour livraison en mars gagnait jusqu’à 3,64% par rapport à la clôture de lundi pour s’afficher à 52,95 dollars sur le marché londonien. A New York, le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison enregistrait une hausse de 4,41% à 49,72 dollars.
Les deux références de brut se remettaient ainsi de fort belle manière de la journée de lundi qu’il avait partagée entre une matinée en forte hausse et un après-midi à sens inverse donnant lieu à une clôture en baisse pour ce premier jour de l’année 2021.
Le rebond des cours se consolidait alors que la réunion de l’Opep jouait encore les prolongations après la journée de lundi marquée par des divergences entre les deux poids lourds de l’Opep+, en l’occurrence l’Arabie saoudite et la Russie. Pour leur première réunion mensuelle de la nouvelle année, les pays membres de l’Opep et leurs partenaires devaient définir le niveau de production du mois prochain mais, face aux désaccords, ont choisi de remettre à hier leurs discussions, après s’être quittés la veille divisés entre une approche prudente, qui passe par le maintien en l’état des coupes actuelles, et la tentation de réinjecter jusqu’à 500 000 barils quotidiens sur le marché en février, à l’exemple de ce qui avait été décidé en décembre pour le mois de janvier.
Sur ce point, le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, a expliqué que les avis divergent en particulier sur l’impact des opérations de vaccination à travers le monde sur le marché pétrolier. «Certes, la mise au point du vaccin a permis aux cours de s’élever à 50 dollars ou plus, mais la question est de savoir si les opérations de vaccinations vont réussir et si elles vont durer sur trois mois ou six mois, voire plus», a déclaré M. Attar lors d’un point de presse à l’issue de la séance des débats tenue lundi.
S’adressant aux participants à l’ouverture de cette réunion ministérielle, le Secrétaire général de l’Opep, Mohamed Barkindo, a rappelé que la croissance de la demande mondiale prévue en 2021 avait été révisée à la baisse, de 0,35 millions de barils/jour pour atteindre 5,9 millions de barils/jour. Cette révision s’explique par «les incertitudes persistantes entourant les répercussions de la pandémie Covid-19, les défis du marché de travail et les perspectives du carburant destiné au transport», a-t-il noté.
De son côté, le ministre saoudien de l’Energie, Abdelaziz ben Salman, a estimé que «le déploiement des vaccins était un signe positif d’optimisme pour le monde, la reprise économique et la demande de pétrole, mais le niveau d’incertitude sur le marché du pétrole demeure élevé», a-t-il nuancé, appelant à être «prudent» et à «rester vigilant et proactif» tout en faisant preuve de flexibilité pour répondre aux défis, selon les déclarations rapportées par l’Opep sur sa page Facebook. Quant au vice-Premier ministre russe, Alexander Novak, il a affiché son optimisme quant à un éventuel redressement du marché durant 2021 grâce aux opérations de vaccination, tout en appelant à rester «attentif» aux différentes évolutions. «Nous espérons qu’à vos côtés, nous utiliserons progressivement divers mécanismes et instruments qui ont déjà fait leurs preuves pour prendre les bonnes décisions visant la stabilisation du marché et la reprise de la production, en ce qui concerne l’équilibre de l’offre et de la demande», a-t-il indiqué, selon l’agence russe Tass.